POUR LA SEULE ANNÉE 2015 : 11 milliards USD transférés illicitement à l’étranger

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Dans la foulée des poursuites judiciaires enclenchées contre de «gros bonnets», qui se sont rendus coupables de plusieurs délits liés à la corruption, la problématique de récupération de l’argent détourné à l’étranger revient sur toutes les langues. Est-il possible ? Si tel serait le cas, comment procéder ? Autant de questions posées sur le comment rapatrier un trésor qui pèse plusieurs milliards de dollars, à en croire les dernières révélations faites à ce sujet.
Ainsi, les chiffres donnés hier, par un expert dans le domaine financier, en l’occurrence Mohamed Boukhari, sur les montants détournés à l’étranger, depuis l’Algérie, pour la seule année de 2015, donnent le tournis. En effet, quelque 11 milliards de dollars américains ont quitté illicitement le territoire national pour des destinations tierces durant cet exercice. Autrement, c’est sans compter les exercices d’avant ou même d’après 2015 dont il faudrait attendre des évaluations ultérieures.
Ce flux représente la moyenne des chiffres communiqués par des institutions internationales, dont le rapport de l’ONU (8 milliards USD) et le Fonds monétaire international (14 milliards USD). Selon le même spécialiste, auteur de ses révélations scandaleuses, intervenu hier au Forum du quotidien El Moudjahid, l’évaluation porte sur deux opérations frauduleuses, notamment la surfacturation et la sous-facturation.
Outre la prise en considération des rapports émis par les organismes internationaux spécialisés dans le mouvement des capitaux dans le monde, des institutions nationales sont également à l’affut de toute transaction passée via le circuit bancaire ou même en dehors. Par exemple, fait savoir le même expert algérien, au titre du nombre des infractions à la législation en vigueur en matière de transfert de devises vers l’étranger, en 2017, les banques nationales ont fait état de 1 239 déclarations de suspicions alors que les administrations publiques ont, pour leur part, dressé 180 rapports, classés confidentiels, émanant des Douanes nationales en particulier.
«L’Algérie suit de très près le mouvement des capitaux à travers la CTRF (Cellule de traitement du renseignement financier), mise sous la tutelle du ministère des Finances», assure le professeur Boukhari. Toutefois, précise-t-il, «aucun pays étranger ne peut deviner qu’il faut suivre de près une personne tant que son pays d’origine n’en fait pas la demande».
Interrogé sur ce qu’il pense de l’idée de décréter l’«amnistie» en faveur des responsables coupables de crime économique, comme propositions faites par-ci, par-là, cet expert financier n’est pas de cet avis. Pour lui, il est «éthiquement inacceptable» de le faire, d’autant plus que la récupération de l’argent dilapidé et ou détourné vers l’étranger s’avère déjà une mission délicate pour la justice.
Farid G.

Source : lecourrier-dalgerie

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