Quelle manœuvre pour redresser le pouvoir d’achat ? L’inflation annuelle pointe à 5,9%

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La mercuriale clémente observée sur les marchés des produits alimentaires durant tout le mois de Ramadhan, voire même quelques temps après, aura été un délai de grâce aux Algériens. Et pour cause, les prix à la consommation n’ont pas tardé à renouer avec la flambée.

Rien que le mois d’août dernier, la hausse moyenne des prix a atteint 3,6% pour les produits agricoles frais, par rapport au mois de juillet d’avant. Ceci, au moment où la variation des prix à la consommation s’est pointée à 1,8%, selon les chiffres rendus public par l’ONS (Office national des statistiques). Globalement, l’évolution annuelle des prix, pour la période allant de septembre 2016 à août 2017, augure d’une tendance à un rythme accéléré pour le reste de l’année. Il n’y a qu’à se référer au taux d’inflation atteignant 5,9% au mois d’août 2017 – alors que la Loi de finances 2017 en a prévu 4%- pour corroborer cette issue. Il convient d’observer que cette marge d’erreur de près de 2% atteste d’une mauvaise maitrise de l’évolution des indicateurs de l’économie nationale, au moment où le Gouvernement fait des pieds et des mains pour combler le gouffre financier dans le Trésor public. D’où l’option arrêtée, et puis adoptée dans son plan d’action, qu’est le recours au financement non conventionnel. Un choix qui s’explique en termes clairs par l’alimentation de la caisse de l’État à partir de fonds puisés dans la Banque centrale.
À ces prévisions disparates, qui faussent les calculs de la régulation des prix sur les marchés des produits alimentaires, s’ajoute la spéculation qui complique la donne à un pouvoir d’achat laminé par la folie de la mercuriale. Autre facteur casse-tête : une production agricole qui peine à trouver son envol, recherché à travers une politique qui libéralise le secteur à l’investissement et la diversification de son offre. Donc, autant dire que la période de Ramadhan n’était qu’un souvenir lointain pour le consommateur et une mesure d’exception pour les marchés. Soucieux alors de garantir une offre plus ou moins à la portée du citoyen dans cette période où l’on enregistre des pics dans la consommation, le gouvernement a gagné sa bataille en s’attaquant à la spéculation pointée du doigt et écartée de la chaine. Mais, peine perdue pour la suite, puisque l’ajustement administré des prix n’a pu garantir la stabilité des marchés à court et à long termes en raison du recul d’une offre intermittente.

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Débat d’actualité
L’inflation, tel est le premier couac soulevé par la polémique sur le recours à la planche à billets. Car, aussi salutaire serait la solution dès lors qu’elle entend combler le déficit financier, tôt ou tard la mise sur le marché d’un surplus de liquidités sera suivi de fait d’une dégringolade du pouvoir d’achat du citoyen. Sur le plan économique, ce résultat se verrait par une tendance élevée du taux d’inflation, comme situation d’ailleurs prédite par des experts nationaux. Certes, le financement interne évite au pays «le piège FMI», mais le Gouvernement a dû peser le pour et le contre avant de choisir cette option. Ce mode de financement défendu, contre vents et marées, par le Premier ministre Ouyahia sera adopté pour les cinq prochaines années.
Il s’agit ni plus ni moins que d’un renflouement des caisses de l’État. Le gouvernement en veut pour motif d’urgence à ce choix, du moins pour l’immédiat, la couverture des salaires de centaines de milliers de travailleurs de la Fonction publique. En effet, pour un pays qui exprime un besoin minimum de 200 milliards de DA/mois (selon Ouyahia) autant garantir une fin de mois paisible aux fonctionnaires au risque de faire face à un front social en ébullition.
Farid G.

Source : lecourrier-dalgerie

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