Situation politique : Entre tractations, attente et défiance

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Le pouvoir, saura-t-il convaincre l’opposition et la rue de sa bonne foi, pour entreprendre la concrétisation du plan de travail du président consistant à la réunion d’une Conférence nationale inclusive, ou finira-t-il par déposer le tablier et se rendre à l’évidence d’un départ du président de la République, comme le suggèrent l’opposition et la rue.

Au lendemain des gigantesques marches du vendredi, le pays semble s’offrir une petite période de répit, histoire de digérer le flot d’événements qui ont transformé la vision que l’on a de l’Algérie en l’espace de quatre petites semaines et, cerise sur le gâteau, sans l’effusion d’une seule goutte de sang. Cela n’empêche pas les activistes politiques qui surfent sur la vague de la contestation populaire, de poursuivre la pression qu’ils exercent sur le pouvoir en place. Il est utile de signaler que leur empreinte est très visible dans les contours que prennent les événements. L’évolution de la revendication, le surgissement de certains noms plus tôt que d’autres et surtout la radicalisation du discours dans le sens du départ de tout le système, sont signés incontestablement par ces activistes qui, faut-il le relever, font le tour d’Alger, écument les plateaux des télévisions algériennes et françaises, à l’appui d’une démarche politique clairement orientée vers le départ du pouvoir avec tout son personnel politique.
On aura également constaté que les «tirs groupés» contre le pouvoir se font de plus en plus précis, de sorte à ce que chaque initiative prise par le chef de l’Etat s’en trouve systématiquement démolie par ses contradicteurs. De la désignation de Nourreddine Bedoui à la tête du gouvernement, à la prétendue mission de Lakhdar Brahimi à Pékin, en passant par la visite de Ramatan Lamamra à Moscou et sa nomination comme vice-Premier ministre, toutes les décisions du président de la République sont remises en cause, donnant la nette impression d’un retour à la case départ, à chaque fois. De fait, les événements qui se déroulent dans le pays ont certes créé une nouvelle réalité, mais depuis le 22 février dernier, le pays vit dans une sorte de spirale qui réduit à néant toute tentative de faire avancer le dossier. Les opposants au cinquième mandat se sont transformés en opposants farouches au prolongement du quatrième et poussent ouvertement à la démission du Président Bouteflika. Dans les faits, le puzzle reste flou et personne ne mise sur la quatrième manifestation des étudiants prévue demain, comme susceptible de provoquer un nouveau déclic, à même de faire bouger les lignes.
Pour l’heure, ce qui compte dans l’agenda politique, c’est les conciliabules engagés par Lakhdar Brahimi auprès des acteurs de la scène politique, en sus des consultations de Bedoui pour la formation de son gouvernement. De ces deux démarches concrètes, sortiront les véritables desseins du pouvoir. Saura-t-il convaincre l’opposition et la rue de sa bonne foi, pour entreprendre la concrétisation du plan de travail du président consistant à la réunion d’une Conférence nationale inclusive, ou finira-t-il par déposer le tablier et se rendre à l’évidence d’un départ du président de la République comme le suggèrent l’opposition et la rue.
Les prochains jours sont certainement déterminants, au sens où le gouvernement de Bedoui et les tractations du duo Lamamra-Brahimi donneront leurs premiers résultats dans le courant de cette semaine. Le pouvoir attendra la réponse de la rue, au 5e vendredi…
Younes Rahal 

Source : ouestribune-dz

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