Tebboune candidat aux présidentielles : «Je mettrais fin au pouvoir des personnes»

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L’ex-Premier-ministre, Abdelmadjid Tebboune, dont la candidature aux élections présidentielles du 12 décembre est qualifiée de “cinquième mandat déguisé”, a donné, mardi, ses vérités lors d’une interview donnée à des journalistes algériens au niveau de la permanence de sa campagne électorale, à Alger.

À deux mois des présidentielles, Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre, l’un des 130 pré-tendants à la candidature pour la course d’El-Mouradia, entame sa pré-campagne. L’homme que l’on désigne comme “le candidat du système” a donné mardi dernier une interview à un groupe restreint de journalistes triés sur le volet. Tebboune, plusieurs fois ministre sous l’ex-président Bouteflika avant de tomber en disgrâce en 2017, en a parlé, entre autres, de sa position sur le Mouvement populaire et citoyen né le 22 février dernier, les raisons derrière son éviction de la tête du gouvernement, les critiques sur sa candidature… etc.
Une figure qui a fait toute sa carrière sous le règne de Bouteflika, qui donne une interview exclusive à une chaîne TV alors que l’Autorité nationale indépendante des élections n’a pas encore validé les candidatures : évidement cela ne passe pas inaperçu. Surtout dans un contexte politique très tendu marqué par des doutes et des incertitudes qui risquent de jeter le prochain scrutin dans le discrédit. L’attaque la plus virulente est celle émanant, la semaine dernière, de l’autre prétendant, Ali Benflis, également ancien Premier ministre sous Bouteflika, qui y voit dans la candidature de Tebboune une “prolongation du cinquième mandat” et “insultes et outrages” à l’égard du peuple.
Bien sûr, Tebboune a nié ces reproches en bloc. “Pour ceux qui disent que Tebboune est le candidat de telle ou telle partie, qu’ils présentent leurs preuves ! Ont-ils une interview ou un appel téléphonique attestant que je suis le candidat du peuple ?,” s’est-il interrogé au préalable à la question sur les allégations selon lesquelles il serait la «carte gagnante» entre les mains du Pouvoir. “Je suis un candidat libre et je suis ici pour offrir mes services au peuple algérien qui est libre dans le choix de son futur Président. Quoi qu’il en soit, l’identité de celui qui vaincra, je serais le premier à applaudir. J’ai pris la décision de me porter candidat après une profonde réflexion en me disant «pourquoi ne pas proposer mes services au peuple,’” a-t-il expliqué ses motivations.
Et à lui de porter ses précisions sur «un point à propos de tout ce qui se dit ça et là, que Abdelmadjid Tebboune est le produit du système ou que je suis protégé par une quelconque partie. Si c’était vraiment le cas, je ne serais pas resté trois mois seulement à la tête de gouvernement,” a-t-il répondu sur ces critiques.
Tebboune a refusé d’entrer en confrontation avec Benflis estimant que ce dernier est “libre de dire ce qu’il veut.” “Mais, je défie quiconque de le prouver. Ma carrière a été celle d’un homme d’État et ma relation a été directe avec le peuple”, a-t-il insisté, soulignant : “nous sommes des hommes d’institutions et non pas de personnes.” Plus loin, il promet, s’il serait élu, d’œuvrer à en finir avec “le Pouvoir des personnes.” “Je m’engage, au cas où je serais vainqueur lors de ces élections, de consacrer les bases de la nouvelle République en opérant des changements dans divers domaines. Valoriser les compétences et faciliter le passage de flambeau aux jeunes seront la colonne vertébrale de mes efforts,” a-t-il promis, se cherchant ainsi d’éviter à être étiqueté de populiste.
“Ce ne sont pas des paroles destinées à la consommation médiatique. On est dans une conjoncture pleine de contradictions qui nécessitent d’être changées pour permettre l’installation de nouvelles valeurs. Je souhaite que l’on n’arrive pas de nouveau à une gouvernance de personnes, mais il faut instaurer un réel équilibre entre les Institutions de l’État,” explique-t-il. Selon Tebboune, l’Algérie nouvelle commencera par l’instauration de la démocratie véritable au niveau local, wilayal et national, pour permettre à l’élite d’émerger, même si cela exigerait la révision radicale de la loi électorale. Aussi, a-t-il ajouté, l’Algérie nouvelle se fera par le placement de réels contre-pouvoirs dans la Constitution, afin que, ce qu’on a vécu depuis l’Indépendance, ne se répète plus.

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LA rencontre «douteuse» avec Edouard Philippe
Tebboune est revenu sur sa fameuse rencontre à paris, en août 2017 – alors qu’il occupait le poste de Premier ministre succédant à Abdelmalek Sellal -, avec son homologue français, Edouard Philippe, alors qu’il était officiellement en vacance. Une rencontre qui a fait couler beaucoup d’encre en Algérie et a été instrumentalisée par ses adversaires – Le FCE, alors dirigé par Ali Haddad – aujourd’hui en prison- ainsi que les autres organisations patronales en plus de l’UGTA de Sidi Saïd, ont été ainsi pour beaucoup dans sa destitution, trois mois seulement après son arrivée au Palais Docteur Saâdane.
Tebboune a ainsi affirmé que le président de la République d’alors et l’office de la présidence et la représentation diplomatique algérienne en France, étaient informés au préalable de cette visite dont la date a été programmée dans l’agenda avant que Tebboune décide de prendre son congé annuel (du 3 au 18 août 2017). “Je n’ai rien à cacher à l’inverse de certaines personnes qui ont commencé après seulement 20 jours de ma désignation comme Premier ministre à comploter pour me faire tomber. Six personnes s’étaient réunies à Marseille dont l’une est une figure importante dans une organisation patronale (…)», accuse le prétendant à la candidature. Néanmoins, Tebboune n’est pas allé au delà de cette confidence, il a refusé, à titre d’exemple, de s’exprimer sur l’affaire de la cocaïne dont le principal accusé est Kamel El-Boucher, invitant les journalistes présents à cette interview accordée exclusivement à la chaine privée Echorouk, à s’orienter vers les avocats qui se sont constitués dans cette affaire. “Je respecte la Justice et je me contente de ses jugements”, s’est-il contenté de dire, ajoutant à propos de la relation de son fils emprisonné puis relaxé pour sa relation avec Kamel Chikhi dit “El-Boucher”: “les affaires personnelles et de famille, je préfère ne pas en parler.” Interrogé sur l’affaire Khalifa, Tebboune a indiqué: “Je suis pour la réouverture du dossier ‘Khalifa’ et je parlerai de ses détails le moment venu.”
Hamid Mecheri

1 COMMENTAIRE

  1. Monsieur Teboune une fois président les voleurs des biens des algériens et les trafiquants de drogue , actuellement à la prison d’Elharrache , auront ils votre grâce et seront ila libérés ?

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