Ce que les Algériens demandent à Gaïd Salah

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Ce vendredi, les Algériens, sortis manifester, ont usé de slogans très défavorables au chef d’état-major. Il lui a été, entre autres, demandé de lever l’ambiguïté qui caractérise sa démarche. Que répondra-t-il ?

Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Contrairement au week-end précédent, les voix qui se sont élevées à travers le territoire national ont exprimé plus clairement leurs revendications à l’adresse du concerné usant parfois d’humour ou faisant preuve, d’autres fois, de grandes critiques. D’autres fois encore, on a pu voir des pancartes comportant des messages très politiques mais reflétant en somme la même idée.

Les Algériens lui reprochent particulièrement d’user d’un «double langage» ou, plus clairement encore, de tenir un discours en totale contradiction avec la réalité du terrain. La mise en place de barrages filtrants à la veille de chaque vendredi, l’empêchement de certaines manifestations en usant d’actes de répression (celle du 1er mai par exemple) sont des exemples qui n’ont pas manqué d’être relevés. Ces pratiques vont dans le sens contraire de ce qu’affirme le chef d’ état-major dans chacune de ses interventions et elles lui sont directement imputées puisque ces barrages sont dressés par la Gendarmerie nationale, un corps qui relève directement du ministère de la Défense nationale.

Les propos du chef d’état-major se sont, par contre, voulus rassurants et parfois même plus puisqu’il affirme se tenir aux côtés de la population, de garantir sa sécurité et d’œuvrer à l’aboutissement de ses revendications. Dans la réalité, les choses se passent tout autrement, et les manifestants n’ont pas manqué de le relever également, puisque la démarche strictement constitutionnaliste entreprise limite le champ d’action de l’homme fort du moment et ne lui a pas permis d’aller au-delà de la satisfaction de la demande de l’annulation du cinquième mandat et du départ de Abdelaziz Bouteflika. Même s’il s’inscrit directement dans le processus en place, le départ de Taïeb Belaïz semble s’inscrire dans une démarche personnelle puisque ce dernier a fait part à son entourage de sa décision de «partir» avant d’y être contraint.

Ces mêmes sources ont fait savoir que le président du Conseil constitutionnel avait souhaité que la famille Bouteflika quitte le pouvoir sans sortir par la petite porte. Dans un de ces discours, le chef d’état-major a d’ailleurs considéré avoir répondu à l’essentiel des revendications du mouvement populaire qualifiant de «slogans irréalisables» les demandes de départ de tout le système exprimées lors des manifestations.
Les Algériens ont réagi très fort à ces déclarations, dans la rue, mais aussi à travers les réseaux sociaux où lui fut notamment reproché de «souffler le chaud et le froid». Il lui est également demandé d’aller plus nettement dans le sens des revendications pour lever le doute qui s’est progressivement installé.

Celles-ci concernent l’annulation de l’élection présidentielle programmée pour le 4 juillet prochain et la mise en place d’un processus de transition authentique après le départ de tous les symboles du régime. Gaïd Salah est également appelé à clarifier sa position dans l’opération anti-corruption lancée au lendemain de la démission de Abdelaziz Bouteflika.
Sur Facebook comme lors des manifestations, les citoyens s’interrogent sur une démarche qui, disent-ils, épargne jusqu’à l’heure un certain nombre de noms assimilés à la corruption. Ce week-end, le ton était très dur chez les manifestants, et pas seulement.

La Radio nationale Chaîne 3 a consacré par deux fois, vendredi et samedi au matin, des couvertures retransmettant le message extrêmement critique des Algériens à Gaïd Salah. La réponse de ce dernier est donc attendue. Viendra-t-elle de la 2ème Région militaire où il s’est rendu hier dans le cadre d’une visite de travail, ou se fera-t-elle un mardi comme le veut la tradition depuis un moment ? La réponse pourrait également venir par des actes.
Des rumeurs insistantes, peut-être sciemment distillées, laissent entendre que de nouvelles décisions pourraient être annoncées incessamment.

A. C.

1 COMMENT

  1. Pour que l’Algérie retrouve sa pureté, il faut arrêté
    1)tous les gradés militaires du lieutenant colonel au général de Corps d’armée.
    2) 22 millions d’Algériens composés de civils avec leurs cousins corrompus dans l’administration, dans la police, dans la douane, dans les institutions publics.

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