CÉLÉBRATION DU NOUVEL AN AMAZIGH : Un rendez-vous avec l’histoire de l’Algérie

Reconnue depuis l’année dernière, comme Fête nationale, la fête de Yennayer, nouvel an amazigh sera célébrée, cette année, après la constitutionnalisation de la langue Tamazight, Langue nationale et officielle. Sous le thème «Yennayer ; racines, diversité et unité», c’est à travers l’ensemble des régions du pays, que cette Fête nationale sera célébrée, chez les grands comme les petits.

Un riche programme est prévu, dès aujourd’hui, jusqu’à samedi prochain, jour de la fête de Yennayer, et les établissements scolaires ne seront pas en reste.
À Alger, à titre d’exemple,un riche programme de festivités «spécial Yennayer 2969» est prévu, aujourd’hui, avec la participation des écoliers du primaire, pour l’enracinement de la perpétuité de cette tradition ancestrale, relative à la célébration du nouvel an berbère. Au sein des écoles, filles et garçons, habillés en tenues traditionnelles, seront les petits comédiens des pièces théâtrales qui vont être présentées dans certaines écoles du cycle primaire, à Alger, outre des chants de chorales, sketchs, poésie, danses, dont kabyle, chawi et algérois, avec l’accompagnement de groupes musicaux, sollicités à cette occasion par certains établissements. C’est par un défilé de mode des tenues, que porteront nos bambins, et des expositions d’objets traditionnels berbères, de livres et de revues en Tamazight outre les plats de gâteaux et le couscous traditionnel, prévu, dans le menu de certaines cantines de nos écoles. Des enfants rencontrés, lors de notre reportage, sur les préparatifs de la célébration de Yennayer, dans nos écoles, ne vivront pas cette joie, dans leurs écoles, comme leurs camarades d’autres établissements, car «rien n’est prévu» comme nous l’a dit un écolier, qui a tenu à nous faire savoir qu’«heureusement y aura la fête à la maison». Des parents nous dirons, «il y a encore des écoles qui ne font rien pour marquer cette fête, alors qu’elle met en avant la culture du peuple algérien dans sa célébration du nouvel an Yennayer» nous lance une maman. Lors de notre tournée, à quelques écoles d’Alger, ces deux derniers jours, on a constaté que nombreuses sont les écoles qui n’ont rien prévu, par manque d’initiative, préférant se cloîtrer dans la routine du rythme de l’école, laquelle pèse sur nos écoliers, qui manquent cruellement d’activités culturelles. D’autres préfèrent se cacher derrière l’argumentaire «on n’a pas reçu de directive de l’Académie, pour organiser cette célébration de Yennayer» comme c’est le cas des responsables de l’école primaire Ezzoubir et d’Oum salma, dans la commune de la Casbah. Et plus loin, du côté d’Hussein Dey, aucune préparation n’a été au menu dans l’agenda de l’administration et de la famille des enseignants, du lycée Aïcha Oum Elmouminine, comme nous l’ont affirmé les lycéens, rencontrés sur place mardi dernier. Contacté par nos soins, le président de l’Association nationale des parents d’élèves, Khaled Ahmed, nous a de son côté, affirmé, qu’ «il y a une préparation soutenue» au niveau des bureaux de bon nombre de wilayas du pays. Il s’agit , nous a-t-il indiqué, des établissements des trois paliers, des régions de Chlef, Sétif, Biskra, Tizi-Ouzou, Béjaïa et autres, en soulignant que le programme est «très riche cette année car il va y avoir des activités culturelles et sportives interclasses, citant le handball, volleyball, basketball, le football, «en plus des activités musicales et des danses folkloriques» ajoute-t-il.

La Statue de Massinissa, au cœur d’Alger, dévoilée ce samedi.
Des activités marquantes ont déjà commencé, avant le jour J, telle que la deuxième édition de «la semaine du patrimoine amazigh et des produits artisanaux», qui a ouvert ses portes, au Palais des Raïs, à Alger, dimanche dernier, pour durer jusqu’au jour J, samedi prochain, le jour de la célébration de Yennayer. Le lancement de cette Édition a été marqué par une animation d’un groupe d’Idhebalen, qui a excellé sans surprises faut-il le souligner, dans ses interprétations de morceaux musicaux populaires et du patrimoine de la chanson kabyle. Plus de 20 exposants venus de différentes régions du pays, Alger, Touggourt, Tizi-Ouzou, Béjaïa et d’autres, exposent leurs produits, révélant comme à chaque occasion, leur savoir-faire et surtout leurs capacités à revisiter le passé de ces produits, pour les moderniser sans y perdre leur beauté et éclat. Depuis une semaine, cet espace ou l’air marin vous parvient, en pavanant à travers les couloirs, les cours et les étages du Palais des Raïs (Bastion 23), outre les expositions de produits artisanaux, dont amazighs vous attirent, depuis dimanche dernier, des activités culturelles, notamment des conférences et des lectures poétiques rythment la célébration de Yennayer, dans cet espace situé entre l’entrée maritime de Bab-El-Oued, non loin de la Place des Martyrs, à la Basse Casbah. Demain, vendredi, c’est au tour des rues et des Boulevards de la commune d’Alger-Centre, d’abriter les festivités de la célébration du nouvel an de Yennayer. Sous le slogan «Aguelid» (Rois,ndlr), la commune d’Alger-Centre organisera, demain, un spectacle artistique et culturel, à l’occasion du nouvel an berbère 2969. Il sera question de spectacles artistiques que verront les algérois, tout au long du grand boulevard liant la rue de Didouche Mourad, à la Grande poste, en plus des expositions de tableaux de peinture, des ateliers d’artisanat traditionnel, et ce, à partir de 9h du matin, pour durer jusqu’à 19h la veille du jour J du nouvel an berbère. Et c’est en ce jour, qu’Alger, verra l’édification, ce samedi, de la statue d’une figure emblématique de l’Histoire de notre pays, celle du Premier roi de la Numidie unifiée, Massinissa. C’est au niveau de l’espace Tafourah, soit non loin de ses descendants, les martyrs de la révolution algérienne contre la colonisation, le Petit Omar, Hassiba et Ali la pointe, que la Statue de Massinissa sera édifiée le jour de la célébration de Yennayer.
Lilia Sahed

Source : lecourrier-dalgerie

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