Chancellerie allemande : Merkel passe le tablier à Olaf Scholz

Algérie –Après plus d’une dizaine d’années passées comme chancellière allemande, Angela Merkel va s’en aller. Lors de la très attendu passation de service Olaf Scholz a pris les commandes.

Celle qui a presque égalé le record de longévité au povoir détenu par Helmut Kohl, a accueilli ce mercredi à 14 heures, à la chancellerie, son successeur, qui lui a offert un imposant bouquet de fleurs. Merkel a appelé son ancien vice-chancellier à « travailler pour le bien » de l’Allemagne. Scholz a pour sa part, rendu hommage à la désormais ex-chancellière pour « tout ce (qu’elle) a fait pour notre pays » et promis un « nouveau départ ».

« L’éternelle chancelière », comme elle est surnommé a ensuite pris congé des lieux et va aborder après 31 ans de carrière politique une nouvelle tranche de sa vie, encore entourée de mystère.

Un parcours élogieux

M. Scholz a été élu dans la matinée par une confortable majorité des 736 députés du Bundestag. Il va prendre possession de son nouveau bureau et aborder les premières difficultés de son mandat de quatre ans. Cet austère personnalité de 63 ans, a prêté serment au Bundestag en lisant l’article 56 de la Loi fondamentale dans laquelle il promet notamment « de consacrer » ses « forces au bien du peuple allemand ».

Il a, par ailleurs, reçu plusieurs félicitations et encouragements de nombreux élus. Ses parents et sa femme, Britta Ernst, une ministre régionale sociale-démocrate, ont assisté à l’événement. Considéré comme un oublié dans son propre parti il y a encore deux ans, M. Scholz est désormais à la tête de la première économie européenne, dans un attelage inédit formé avec les Verts et les Libéraux du FDP. Féministe convaincu, Olaf Scholz prendra à sa suite les rênes d’un gouvernement composé pour la première fois d’autant d’hommes que de femmes, dont certaines occupent des postes clés comme les Affaires étrangères ou l’Intérieur.

Olaf Scholz
Olaf Scholz

Réaction de la communauté internationale

Plusieurs fois ministre, ancien maire de Hambourg, M. Scholz a reçu une myriade d’hommages des dirigeants du monde entier. Le président français Emmanuel Macron a promis à Olaf Scholz d’écrire « la suite ensemble ». La présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen, entend travailler avec lui « pour une Europe forte ». Le Kremlin a souhaité quant à lui « une relation constructive » avec le nouveau chancelier, après des années de tensions entre Moscou et Berlin, attisées par l’empoisonnement d’Alexeï Navalny et des affaires d’espionnage imputées à la Russie.

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Le président chinois Xi Jinping a lui fait savoir que la Chine était prête à élever à un « nouveau niveau » les relations avec l’Allemagne. La rapidité de Xi Jinping à féliciter le nouveau chancelier allemand contraste avec le traitement reçu par le président américain Joe Biden. Les Verts, dont la nouvelle cheffe de la diplomatie, Annalena Baerbock, promettent pourtant de durcir le ton avec Pékin. Mais c’est sur la scène intérieure que M. Scholz et son équipe vont devoir affronter leurs premiers obstacles, avec en particulier une situation sanitaire critique.

Les défis de Scholz en pleine pandémie de Covid-19

Le chancelier a la « grande responsabilité » de lutter contre la flambée de Covid-19 dans le pays, a prévenu le président de la République fédérale, qui recevait la nouvelle équipe gouvernementale. « Ne laissons pas la pandémie nous diviser durablement », a lancé Frank-Walter Steinmeier dans un contexte de mobilisation, notamment de l’extrême droite, contre l’obligation vaccinale, censée entrer en vigueur en février ou mars.

Le nouveau chancelier va aussi devoir composer avec une situation économique défavorable, plombée par une croissance plus faible qu’annoncé et le retour de l’inflation. M. Scholz a aussi une pléthore d’autres chantiers à mener, qui ne recueillent pas forcément l’assentiment des Allemands. La hausse prévue du salaire minimum, la sortie anticipée du charbon ou le développement des énergies renouvelables sont plébiscités, selon un sondage pour la chaîne publique ARD.

D’autres promesses de la coalition « feu tricolore » comme le cannabis en vente libre, l’achat de drones armés par la Bundeswehr ou encore le droit de vote à 16 ans ne sont en revanche soutenues que par une minorité.

 

 

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