Changer le système ? Oui, mais comment ?

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Changer le système ? Oui, mais comment ?

Par Hocine-Nasser Bouabsa – Le système doit changer. C’est ce que souhaite l’écrasante majorité du peuple algérien, depuis au moins la mort de Boumediène. Mais le changement de système ne peut être ni l’œuvre de charlatans ni celle de magiciens. Car il nécessite une armada de préparatifs et de ressources intellectuelles et politiques gigantesques.

Ceux qui ont géré les transformations d’entités savent ce qu’est la gestion du changement (en anglais change mangement). Rien n’est fait dans la précipitation, mais avec une feuille de route détaillée et bien étudiée. La transition est un élément capital dans cette gestion. Il faut entre autres définir les objectifs, les tâches et les rôles, et identifier les acteurs compétents et capables de mener le processus du changement. Si la gestion du changement doit être bien ficelée, par exemple pour une entreprise, elle est davantage existentielle lorsqu’il s’agit du changement du système de gouvernance d’une nation.

L’ère Bouteflika est révolue. Le peuple s’est exprimé pacifiquement et avec force pour le changement. La seule institution structurée qui peut orienter ce changement c’est l’ANP. Elle doit prendre ses responsabilités et entrer sur la scène politique pour gérer intelligemment ce changement. Sinon, les risques sont majeurs pour la nation algérienne, car les ennemis de l’Algérie sont aux aguets pour profiter de la moindre brèche.

En 1992, les élections législatives furent interrompues au motif qu’elles incuberaient un Parlement contrôlé par une majorité écrasante de l’ex-FIS et que ce dernier menacerait l’ordre républicain de la nation algérienne, défini par le Congrès de la Soummam. Une partie de la population, ignorant les arrière-pensées et les véritables objectifs de certaines mains et officines étrangères, s’est révoltée et a pris les armes pour soutenir les appels à l’insurrection. L’histoire retiendra que l’Algérie a payé un très lourd tribut en pertes humaines et matérielles qui ont cassé son élan de développement. Dieu merci, grâce à la sagesse du peuple et de celle de certains dirigeants militaires et politiques, notre pays a pu éviter le piège et renouer avec la paix et la stabilité.

L’histoire retiendra aussi que l’ANP avait pris une décision historiquement pertinente en soutenant en 1992 l’interruption du processus électoral puisque, plus tard, les Algériens ont tous constaté les ravages causés par les insurrections islamistes – soutenues par les monarchies arabes du Golfe et du Maroc et par leurs marionnettistes occidentaux – en Libye, en Syrie et en Irak.

Notre peuple a toujours été conscient des dangers qui guettent notre pays à ses frontières et éprouve une grande fierté, un sincère respect et une profonde gratitude envers ses enfants – rassemblés dans les différentes unités et structures de l’ANP – qui le protègent contre ses ennemis externes. Mais il est aujourd’hui inquiet de ce que lui réserve l’avenir en raison, d’une part, de l’absence d’un système de gouvernance démocratique, fonctionnel, basé sur l’alternance du pouvoir et, d’autre part, du brouillard qui entoure les appels au changement du système politique, caractérisé par ses défaillances et vices endémiques et de son infiltration par des traitres au service d’intérêts étrangers.

L’irruption de L’ANP aujourd’hui sur la scène nationale pour soutenir, en tant qu’acteur déterminant, la transition est une question de survie – en 1992, la République était en danger ; aujourd’hui, c’est toute la nation qui est en péril, si les bonnes et courageuses décisions ne sont pas prises. La tâche principale de cette irruption temporaire serait de :

  • Fortifier dans les faits et non seulement les beaux textes, l’ordre républicain et l’Etat de droit.
  • Endiguer la gangrène de la corruption qui mine tous les rouages de l’Etat et la société.
  • Rétablir l’équité et l’impartialité de l’administration envers tous les candidats aux élections locales, parlementaires et présidentielles.

Une telle démarche permettra de rétablir la concurrence loyale entre les partis politiques et permettra aux candidats de se préparer convenablement et de présenter d’une façon équitable via les médias publics leurs programmes au peuple algérien. Ce qui permettra à ce dernier de prendre le jour du vote sa décision souveraine, en connaissance de cause.

Vive l’Algérie ! Gloire à nos valeureux martyrs !

H.-N. B.

Ndlr : Les opinions exprimées dans cette tribune ouverte aux lecteurs visent à susciter un débat. Elles n’engagent que l’auteur et ne correspondent pas nécessairement à la ligne éditoriale d’Algeriepatriotique.

Source : algeriepatriotique

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