COLLOQUE DES MILITANTS À TIZI OUZOUUn siècle de marche pour tamazight

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COLLOQUE DES MILITANTS À TIZI OUZOUUn siècle de marche pour tamazightMouloud Lounaouci (à droite), militant de la cause amazighe

C’est une rencontre inédite qui a eu lieu hier et qui se poursuivra aujourd’hui à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

Des militants de toutes étapes du combat identitaire pour la reconnaissance de la culture et de la langue berbères en Algérie se sont rencontrés, hier, pour animer plusieurs conférences, tables-rondes et témoignages au sujet d’un combat qui a duré presqu’un siècle et qui a été couronné par la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle dans la Constitution algérienne de 2016.
Ainsi, de la toute première génération de militants ayant entamé cette lutte pacifique, avec la crise dite berbériste en passant par de nombreuses autres haltes, ce combat noble a été revisité, hier, par plusieurs figures ayant campé les premiers rôles. La spécificité du colloque ayant eu lieu hier à Tizi Ouzou est d’avoir réussi à réunir pour la première fois des militants de la cause berbère qui ont animé différents événements comme l’affaire dite des poseurs de bombe, ceux du printemps berbère, ceux de la fête des cerises de Larbaâ Nath Irathen, les événements de 2001, etc. C’est en quelque sorte une rencontre de réconciliation entre toutes ces parties dont chacune a eu le mérite d’avoir apporté un plus au prix de sacrifices énormes car à l’époque, militer politiquement se faisait au prix de sa vie ou au mieux, au prix d’un emprisonnement dans les geôles du parti unique. Ramdane Achab, Idir Ahmed Zaid, Malika Ahmed Zaid, Youcef Hebib, Said Chemakh, Tarik Azzi et tant d’autres militants l’ont rappelé hier, non sans émotions, lors de leurs interventions émaillées d’exemples vivants et de témoignages oculaires de ce qu’a été la lutte pour l’identité amazighe surtout à l’époque du parti unique et de la clandestinité, notamment dans les années 70 et 80.
Les artisans de ce combat se sont accordés tous à dire que le printemps d’avril 80 a été l’aboutissement de tout ce qui a été fait auparavant, notamment dans les rangs de l’Académie berbère dont les acteurs étaient les piliers de cette lutte comme Bessaoud Mohand Arab, Taos Amrouche, Hebib Youcef (présent hier), Mustapha Aouchiche, Amar Magadi, etc. Puis ont ajouté les intervenants, le printemps berbère a permis d’insuffler un nouveau souffle déterminant pour le combat identitaire en Algérie, mais aussi pour les luttes démocratiques.
Surtout avec la cristallisation des idéaux de ce printemps lors du séminaire de Yakouren ayant permis de constituer une véritable charte qui constituera le document référentiel de toute cette action historique. Lors de leurs interventions, les conférenciers ont insisté sur l’aspect pacifique de la lutte pour la reconnaissance officielle de la langue et culture amazighes en Algérie.
Malgré la répression avec laquelle réagissait le pouvoir de l’époque, les militants du mouvement berbère sont restés vigilants et ont privilégié toujours la voie de l’argumentation et du pacifisme.
Un parallèle avec le soulèvement que mènent les Algériens aujourd’hui, depuis le 22 février dernier, a été d’ailleurs fait par certains animateurs des rencontres d’hier.
En outre, Idir Ahmed Zaïd, universitaire à Tizi Ouzou et un des 24 détenus du printemps berbère a insisté, lors de sa conférence, sur le fait que c’est grâce aux événements du printemps berbère en 1980 que dans tous les pays où existe une communauté berbérophone, celle-ci a réussi à porter haut et fort le débat sur l’amazighité, mais aussi à conquérir des acquis dont ceux de l’officialisation de la langue amazighe au Maroc, par exemple.
C’est dire que les fruits de ce combat n’ont pas seulement été cueillis en Algérie, mais bien au-delà.

Source : lexpressiondz.com

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