La terrible repression du 8 Mai 1945

Le 74ème anniversaire de la répression sanglante qui s’est abattue contre les manifestations pacifiques des Algériens qui revendiquaient l’indépendance a été célébré hier.

Une tragédie inexcusable. Les crimes commis le 8 mai 1945 resteront parmi les plus sanglants qui auront montré, mis en exergue la face barbare de la France coloniale. Plus de 45 000 Algériens qui manifestaient pour leur indépendance seront assassinés, des centaines seront arrêtés et d’autres portés disparus. Le jour même où le monde libre, où la France, célébrait sa victoire sur l’Allemagne nazie. Un drame se jouait à huis clos à Sétif, Guelma et Kherrata villes martyres et symboles de ce génocide. Les Algériens qui ont participé, versé leur sang pour libérer la France des griffes du nazisme ont cru le moment venu de revendiquer à leur tour le droit à la liberté, à leur indépendance. Ils sont sortis par milliers pour le manifester pacifiquement le 8 mai 1945.
A Sétif c’était un jour de marché. La manifestation pacifique, qui célébrait la Fête de la victoire sur le nazisme et le facisme s’est ébranlée de la mosquée «Langar»; elle s’est dirigée vers l’artère principale de la ville, rue de Constantine. Chemin faisant, elle atteint le café de France. Un jeune homme, membre des Scouts musulmans algériens brandit l’emblème national. Des coups de feu retentissent. C’est le drame. Saâd Bouzid tournoie sur lui-même et s’effondre. Un inspecteur de police l’a abattu de sang-froid. La manifestation pacifique tourne à l’émeute. Les villageois venus des bourgades environnantes, faire leur marché, Aïn Kebira, Bougaâ, Amoucha, Beni Aziz, Kherrata, propagent la nouvelle.
La répression s’organise, se met en marche pour accoucher de crimes abominables. Du 12 au 13 mai 1945, les canons des bateaux français ont tonné sur les monts de Kherrata. À Guelma, les arrestations abusives se multipliaient. A tel point que les lieux de détention ne suffisaient plus.
Des locaux furent réquisitionnés (caserne, local des scouts, garage, huilerie…) Pour les y entasser après avoir été tabassés à mort.
Des procès expéditifs furent prononcés contre eux. Ceux qui ont été condamnés étaient embarqués par camions entiers pour être exécutés en dehors de la ville. Des fours à chaux seront utilisés par l’armée française pour se débarrasser des cadavres d’Algériens aux mains nues. L’élève surpassera le maître. La France coloniale fera siennes les méthodes nazies de son bourreau d’hier. Les Algériens qui ont défié l’une des plus grandes puissances militaires du monde, en manifestant pacifiquement pour leur indépendance seront réduits au silence.
La terrible répression qu’ils ont subie avait pour objectif de circonscrire toute velléité révolutionnaire. L’étouffer dans l’oeuf. «Les Algériens ne relèveront pas la tête pendant au moins 10 ans» avaient déclaré les autorités coloniales de l’époque.
C’en était fini des espérances d’indépendance des Algériens opprimés, spoliés, depuis 1830 et réduits au rang de citoyens de seconde zone, d’indigènes. La flamme révolutionnaire ne s’éteindra pas pour autant. Elle couvera pour être rallumée le 1er novembre 1954. Le sursis n’aura duré que 9 ans. De jeunes Algériens l’ont décidé. Ils ont pour noms: Ben M’hidi, Amirouche, Abane, Boudiaf, Krim Belkacem, Ait Ahmed, Didouche Mourad, Ben Boulaïd…
«Le premier novembre a commencé le 8 mai 1945 avec une répression démente…» dira Hocine Ait Ahmed. «La tentative insurrectionnelle avortée de 1945 a servi de référence et de répétition générale à l’insurrection victorieuse de1954» et même de «premier acte de la guerre d’Algérie» écrira Charles-Robert Ageron, historien français spécialiste de la colonisation française en Algérie. Tout n’a pas été exhumé, très peu de travaux lui ont été consacrés. Le 8 mai 1945 reste à écrire…

Source : lexpressiondz.com

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