Plusieurs anciens ministres et hauts responsables de l’État ont défilé, avant-hier, devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. En effet, la journée précédant le 13e vendredi du mouvement populaire pacifique a été « mouvementée » sur le plan judiciaire. Alors que les affaires de lutte contre la corruption suscitent de plus en plus l’ire des Algériens.

La justice semble prendre les choses en main en convoquant plusieurs personnalités. Il s’agit des deux ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, de l’ancien ministre des Finances Karim Djoudi, de l’ancien ministre du Commerce Amara Benyounès et de l’ex-wali d’Alger Abdelkader Zoukh. Selon l’APS, d’autres responsables de différents secteurs économiques ainsi que des hommes d’affaires étaient également au Tribunal, sans qu’aucune information n’ait filtré concernant les motifs de leur convocation. Et aucune information, non plus, n’a filtré pour savoir si ces personnes ont comparu en tant que témoins ou suspects. Citant l’entreprise publique de télévision (EPTV), l’APS a précisé que la convocation de ces responsables s’inscrivait dans le cadre de la poursuite des enquêtes concernant l’affaire de Ali Haddad. Le seul à avoir tenu à apporter des éclaircissements quant à cette convocation est Amara Benyounès, en sa qualité de secrétaire général du MPA. Affirmant qu’il a été entendu en sa qualité de témoin, Benyounès a précisé qu’il s’agit d’une « affaire en cours d’instruction, relevant de ses anciennes fonctions ministérielles ». Plus loin, Benyounès a réitéré « sa confiance en la justice de son pays », réaffirmant «  son entière disponibilité à coopérer avec elle».

L’ex-wali de TipaSa entendu par le juge d’instruction
À Tipasa, l’ex-wali, Mustapha Layadhi, a été lui aussi entendu par le juge d’instruction du tribunal local dans le cadre d’une enquête sur des «soupçons de corruption». Selon l’agence de presse officielle, citant des sources judiciaires, Layadhi a été entendu dans le cadre de cette enquête enclenchée suite à une plainte déposée par la Direction locale des domaines. L’audition de l’ancien wali a duré plus de deux heures et à la suite de laquelle Layadhi a quitté le tribunal sans qu’une accusation directe ne lui soit notifiée, a-t-on ajouté, tout en soulignant que les auditions devaient se poursuivre ultérieurement.
Selon la même source, le parquet de Tipasa avait auditionné, la semaine dernière et dans le cadre de cette même enquête l’ancien wali Moussa Ghelay qui a été chef de l’exécutif local de 2016 à 2018, ainsi que l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel, et son fils Mourad, sans leur intenter des accusations directes, alors que les auditions devaient se poursuivre.
D’anciens responsables, dont des walis et des membres de l’exécutif local, seront entendus dans le cadre de cette enquête suite au dépôt de plainte de la Direction des domaines pour notamment « abus de pouvoir », « dilapidation de foncier », et « activités illégales », a-t-on indiqué de même source.
À noter que la justice convoque, depuis quelque temps, plusieurs responsables pour les auditionner dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption.Ceci n’a pas dissuadé les citoyens de sortir dans la rue.
Lamia Boufassa

COUR D’ALGER
Zeghmati désigné Procureur général
Le chef de l’État Abdelkader Bensalah a procédé, avant-hier, à la désignation de Zeghmati Belkacem au poste de Procureur général près la Cour d’Alger et de Bendaâs Fayçal au poste de procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed (Alger), indique un communiqué de la présidence de la République.
« Conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution, le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, a mis fin aux fonctions de M. Ben Kathir Benaïssa en qualité de procureur général près la Cour d’Alger et désigné M. Zeghmati Belkacem pour son remplacement », précise le communiqué
La même source a ajouté, en outre, que « conformément aux dispositifs de l’article 92 de la Constitution, le chef de l’État a mis fin aux fonctions de M. El Bey Khaled en qualité de procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed et désigné pour son remplacement Bendaâs Fayçal. Il faut rappeler que l’ancien président Bouteflika avait officiellement mis un terme aux fonctions de Zeghmati comme procureur général près la Cour d’Alger dans un décret présidentiel du 28 février 2016 paru au Journal officiel. Zeghmati n’est autre que l’auteur d’un mandat d’arrêt lancé, en 2013, contre l’ex-ministre de l’Énergie, Chakib Khelil.
Depuis le début du mouvement populaire, deux dossiers de poursuites contre l’ancien ministre Khelil et ses complices ont été transmis à la Cour suprême pour  »infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger ».
L. B.

Source : lecourrier-dalgerie

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