Crise en Algérie : La feuille de route de Bouteflika analysée par deux experts du Washington Post

« L’annonce de Bouteflika, cette semaine, qu’il ne sera pas candidat à un nouveau mandat, emprunte une pièce du cahier de jeu égyptien », expliquent Adel Abdel Ghafar et Anna Jacobs, deux experts et spécialistes de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, dans une intéressante analyse publiée ce jeudi par le Washington Post.

« En annulant la prochaine élection, l’octogénaire Bouteflika a dans les faits prolongé son mandat présidentiel pour une durée indéterminée, permettant ainsi au pouvoir de mettre en place une transition favorable ne menaçant pas ses intérêts », relèvent ces deux spécialistes qui travaillent également pour le Brookings Doha Center, un prestigieux centre d’études et d’analyses réputé pour ses références dans la région de l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

Les deux auteurs expliquent également dans les colonnes du journal américain que « La désignation par Bouteflika au poste de Premier ministre de son ministre d’Intérieur Noureddine Bedoui, loyaliste de longue date au régime, est exactement ce que Moubarak a fait lorsqu’il a nommé Ahmed Shafik au poste de Premier ministre durant les manifestations de 2011 », décryptent-ils.

Adel Abdel Ghafar et Anna Jacobs soulignent, par ailleurs, que « la capacité du régime algérien à s’adapter et survivre cette crise politique est grande. En d’autres termes, un scénario égyptien est très probable. « Des concessions seront effectuées et des personnalités majeures du régime seront sacrifiées », assurent-ils.

« Mais la question se pose : le peuple algérien acceptera-t-il cela ? », s’interrogent les deux experts pour qui le pouvoir des manifestants « vient de la présence. Quitter les rues sans résultats concrets signifiera probablement qu’un nouveau Bouteflika viendra et que le pouvoir restera en place », concluent-ils  dans leur analyse publiée par le très influent journal américain.