Défilé de personnalités politiques et de partis à la présidence : Tebboune veut «rétablir la confiance»

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Abdelmadjid Tebboune

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu hier un premier responsable de parti politique, en l’occurrence Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, dans le cadre des consultations qu’il mène au sujet de l’amendement de la Constitution.

La veille, le chef de l’Etat avait reçu l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, et s’était rendu chez l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Taleb Ibrahimi. Deux personnalités qui s’ajoutent à l’autre ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, et l’ancien ministre, Abdelaziz Rahabi, qu’il avait également rencontrés. Bien évidemment, les discussions ont tourné, comme le précise la Présidence dans son dernier communiqué, autour de «la situation globale du pays et la révision de la Constitution, pour asseoir les bases de la République nouvelle qui est au centre des revendications populaires». Le choix de Tebboune des personnalités à consulter, du moins pour ces premières, donne lieu à une lecture politique.

Le chef de l’Etat n’a pas commencé par ceux qui l’ont soutenu ou pris fait et cause pour l’élection présidentielle du 12 décembre dernier, mais bel et bien avec ceux qui ont boycotté le rendez-vous. De même pour les partis politiques. Si Rahabi était pour une présidentielle mais sous conditions – lui aussi avait fait l’impasse sur le rendez-vous –, Taleb Ibrahimi et Benbitour se sont prononcés en faveur d’une transition. Hamrouche, lui, avait poliment décliné l’appel que lui avaient lancé ses partisans pour se porter candidat, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour une présidentielle qui pourrait faire élire un Président qui aurait la latitude de mettre en application ce qu’il aspire à réaliser.

Selon une source de la Présidence, la démarche actuelle de Tebboune vise à «établir des liens de confiance» avec la classe politique, et combler ainsi, un tant soit peu, le fossé qui sépare le pouvoir de l’opposition. Certes, il est sans rappeler que ces quatre personnalités l’ont rencontré pour réaffirmer leurs positions respectives par rapport à la crise actuelle. En termes de communication institutionnelle, la Présidence n’aurait pas trouvé mieux dans le contexte actuel.

Bien évidemment, Tebboune aurait bien voulu recevoir les partis qui plaident pour un processus constituant par exemple, mais ceux-là, notamment ceux rassemblés au sein du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) ont d’ores et déjà rejeté ce «dialogue» qu’ils considèrent être une «démarche unilatérale du pouvoir».

Aux yeux du pouvoir en place, les quatre personnalités rencontrées qui, faut-il le souligner, ont toutes figuré, à un certain moment, dans les listes confectionnées par des internautes pour représenter le hirak, – les choses ont évolué, puisque ces listes ont disparu – pourraient lui donner une certaine légitimité. En tout cas, il est clair aujourd’hui qu’en rencontrant notamment les partisans de la «transition», Tebboune veut donner l’impression qu’il veut réellement faire de son mandat celui de la transition. Va-t-il prendre en considération, pour ce qui est de l’amendement de la Constitution et de ce qui va suivre, les recommandations de Benbitour, Rahabi, Hamrouche et Taleb Ibrahimi ? Trop tôt pour le dire.

 

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Source : elwatan.com

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