Des choix désapprouvés par plusieurs parties : Grèves intempestives et des mineurs dans la rue

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Cette première journée de grève a, faut-il le constater, coïncidé avec le rapprochement de la date des vacances universitaire décidé de façon impromptue par le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar. Très contestée par la grande majorité de la famille universitaire, la décision ministérielle, a du moins hier, eu l’effet inverse au lieu de calmer la situation.

L’appel anonyme à la grève générale de quatre jours a connu, hier, un taux de suivi disparate à travers le pays. Dans la quasi totalité des villes du pays, le mot d’ordre a certes été diversement suivi, mais la tendance dans certaines villes était à l’observance du débrayage. Des commerçants de la capitale, des autres grandes villes et mêmes de pas mal de villages ont baissé rideaux, histoire de marquer leur solidarité avec l’appel à la grève, censée durer jusqu’à jeudi prochain. Chose qui pourrait paraître inimaginable, il y a quelques semaines seulement, beaucoup d’administrations et d’unités économiques ont rejoint le mouvement. Des fonctionnaires, à l’image des enseignants et d’agents administratifs, ainsi que des travailleurs du secteur économique ont répondu à des degrés divers à l’appel anonyme.
Cette grève qui a provoqué le gel de certaines activités dans de très nombreuses régions du pays a mis les lycéens dans la rue. On a, en effet, assisté à des marches spontanées aux abords de plusieurs lycées du pays. «Lâchés» par leurs établissements pour cause de grèves du personnel enseignant, ces lycéens et même des collégiens, a-t-on constaté, ont défilé dans les rues des villes et villages, à l’appui des slogans habituels entonnés, ces trois dernières semaines dans toutes les marches populaires.
Cette première journée de grève a, faut-il le constater, coïncidé avec le rapprochement de la date des vacances universitaire décidé de façon impromptue par le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar. Très contestée par la grande majorité de la famille universitaire, la décision ministérielle, a du moins hier, eu l’effet inverse au lieu de calmer la situation.
 De fait, en plus des chahuts de lycéens consécutifs à la grève générale, l’Algérie a vécu au rythme de plusieurs marches estudiantines improvisées, justement pour dénoncer l’attitude du ministre de l’Enseignement supérieur. Dans beaucoup de campus, les étudiants ont investi les amphithéâtres pour signifier leur rejet de la mesure de Tahar Hadjar qui a consisté à prolonger les vacances universitaires d’une dizaine de jours au moins. Le monde universitaire s’est donc rebellé contre la tutelle et l’a exprimé dans la rue, dans beaucoup de villes du pays. L’atmosphère tendue qui a caractérisé cette journée, n’a, heureusement, enregistré aucun dépassement grave. Quelques échauffourées ont été enregistrées ici et là, notamment dans le centre d’Alger où des voyous se sont infiltrés parmi les lycéens. Rapidement maîtrisés par les forces de police, les casseurs n’ont pas réussi à faire beaucoup de dégâts. Dans la plupart des autres villes, les manifestants se sont dispersés dans le calme et la situation, en milieu d’après-midi d’hier, s’était caractérisée par une grande sérénité, même si la grève générale faisait le tableau dominant.
Cette première journée s’est donc déroulée sans incidents notables, mais tout de même traversée par un certain nombre de rumeurs sur des débrayages susceptible de provoquer un arrêt subit de l’activité économique et sociale du pays. On a évoqué des tentatives de grève dans les secteurs sensibles des hydrocarbures et la finance. Mais dans le même temps de nombreux appels relayés par les réseaux sociaux mettaient les Algériens en garde contre ce mouvement de grève, dont les conséquences seront néfastes sur la population, sur le pays et sur la dynamique citoyenne qui s’est opérée le 22 février derniers.
Ces appels ont également été le fait de personnalités politiques de l’opposition et de plusieurs activistes qui ont appelés à la vigilance quant à cette grève anonyme mais aussi à la présence d’enfants manifestant dans la rue alors qu’ils doivent être à l’abri des clivages politiques qui secouent la scène nationale.
Nadera Belkacemi 

Source : ouestribune-dz

ouestribune-dz

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