Des slogans hostiles à Gaïd Salah

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Les Algériens maintiennent la mobilisation pour le 11e vendredi consécutif. La même détermination a marqué les marches à Alger et dans les autres villes du pays. Les manifestants ont scandé des slogans hostiles au vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah (AGS).

Les «hirakiens» ont scandé un même mot d’ordre : «Gaïd Salah dégage !» tout en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des messages hostiles à AGS : «Gaïd Salah, où sont les articles 7 et 8 ? Le peuple n’est pas dupe», «Mon général, arrêtez de prendre en otage le peuple et son armée, l’ANP. Basta, partez !», «Le peuple ne veut pas de Gaïd Salah et de Saïd», «Rappel/Appliquez les articles 7 et 8 et laissez-nous tranquilles avec votre théâtre», «Un seul Gaïd, le peuple»…

Les marcheurs ont dénoncé dans leurs slogans la volonté d’imposer un pouvoir autre que celui cautionné par le peuple. «Le peuple refuse le pouvoir des généraux comme il refuse le pouvoir de la bande», «L’armée n’est pas Gaïd, armée et peuple, khawa, khawa», pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les nombreux marcheurs.

La police a réagi à ces slogans en confisquant, dès le début de la manifestation à Alger, certaines pancartes tout en interpellant leurs porteurs, conduits dans des commissariats du centre-ville. Les protestataires, toujours aussi nombreux que les vendredis précédents, ont réitéré leur refus de la feuille de route du pouvoir en place, qui veut aller vers une élection présidentielle le 4 juillet prochain. «Pas de dialogue avec les résidus de Bouteflika et de Toufik», lisait-on sur une affichette brandie par une femme.

«La hiwar, la intikhabat»

«La hiwar, la chiwar», scandaient des manifestants en guise de rejet du «dialogue» prôné en haut lieu. «Makanch intikhabat ya nidham el issabat» (Pas d’élection, régime de bandes de voleurs), «Non à une élection organisée par Bensalah et Bedoui», lisait-on sur des affiches brandies rue Didouche Mourad.

Les manifestants dénonçaient également ce qu’ils qualifient de «justice sélective» et exigeaient «une justice de transition», qui permettra de juger la «bande» qui a dilapidé les richesses du pays. «Nous voulons une justice indépendante. Les magistrats nommés par el issaba ne peuvent accomplir cette mission», lisait-on sur une banderole. Même rejet des tentatives de diviser les Algériens. «Les Kabyles et Ouled Naïl, l’origine est l’Algérie, figures du scandale», «Khawa, khawa, makanch 3ounsouriya», lisait-on sur des pancartes brandies sur le perron de la Grande-Poste.

Place Audin, une banderole résume le sentiment des Algériens : «Nos cultures et nos langues sont diverses mais les Algériens sont unis». Des propositions étaient présentées sur des banderoles accrochées sur le rideau de la librairie de l’OPU : «Le pouvoir au peuple, Assemblée constituante souveraine», «Pour une Assemblée constituante»…

Des slogans qui résument les attentes des Algériens sortis par millions dans tout le pays : «Pour un Etat de droit, une justice indépendante, une armée républicaine sous autorité civile». La détermination des Algériens est intacte.

Elle devrait le rester durant les prochains jours. Le mois de Ramadhan, disent-ils à l’unanimité, ne saurait être un obstacle. Portant une affiche, un sexagénaire envoie un message à ses compatriotes : «Nous sommes le vendredi 11, malheur à celui qui ne dégagera pas avant vendredi 13. Promo Ramadhan 2019, départ immédiat : l’Algérie vous offre une importante remise de peine»…

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