DEUX PREMIERS MINISTRES, DES MINISTRES ET DES WALIS DÉFILENT DEVANT LE JUGELa grande lessive

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L’ex-wali d’Alger à son arrivée au tribunal

Ils argueront que durant le règne de l’ex-président Bouteflika, ils recevaient leurs ordres directement d’El-Mouradia, et qu’ils n’ont fait qu’exécuter les instructions du Président. Mais cet argument est-il recevable au niveau de la justice pour un haut responsable de l’Etat qui assume des fonctions en son âme et conscience?

Jamais depuis l’indépendance du pays, la justice algérienne n’a connu un défilé aussi important de hautes personnalités devant les tribunaux. Deux ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, des anciens ministres, Abdelghani Zalène, Amara Benyounès et Karim Djoudi, l’ex-wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, d’autres responsables de différents secteurs économiques ainsi que des hommes d’affaires se sont présentés également devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. C’est le grand cortège et Dame justice aura du boulot face à une aussi grande lessive qui se profile. Les hauts responsables cités se sont déplacés au tribunal de Sidi M’hamed en qualité de témoins, surtout s’il s’agit d’affaires liées à la période où ils étaient en fonction.
Un imposant dispositif de sécurité a été déployé devant et aux abords du tribunal de Sidi M’hamed. A ce dispositif se sont ajoutés des centaines de curieux empressés de voir défiler ces responsables, ce qui a rendu très difficile la circulation et surtout l’accès à l’information pour savoir si ces responsables et hommes d’affaires étaient convoqués en tant que suspects ou en tant que témoins.
Aucune information n’a filtré concernant les motifs exacts de la convocation de ces responsables. La Télévision nationale a indiqué que la convocation de ces responsables s’inscrivait dans le cadre de la poursuite des enquêtes concernant l’affaire de Ali Haddad. Mais un commentaire de la télévision remplace-t-il un écrit officiel de la justice? En effet, un communiqué du parquet aurait dissipé toute incompréhension ou mauvaise interprétation des faits. Plus que ça, le citoyen a le droit d’être informé des motifs qu’on reproche à ces ex-responsables qui ont eu à décider en son nom et à gérer l’argent public. On retient que le seul qui a communiqué à l’effet de cette convocation a été le Mouvement populaire algérien (MPA), précisant dans un communiqué que son président, Amara Benyounès, a été entendu par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed en qualité de témoin. La réaction de Amara Benyounès a été prompte et se veut plus qu’une précision, mais carrément une mise au point à certains médias dont des télévisions privées aveuglées par le sensationnalisme et prêtes à salir, diffamer et nuire à la réputation des personnes qui, certes, sont justiciables comme tout le monde, mais qui bénéficient de la présomption d’innocence. Ces télévisions se braquent sur les affaires en cours non pas pour informer juste et vrai, mais pour jeter à la vindicte populaire des responsables qui ont eu à exercer une fonction dans le gouvernement. «Le président du Mouvement populaire algérien, Amara Benyounès, a été entendu le jeudi 16 mai par le tribunal de Sidi M’hamed en qualité de témoin dans une affaire en cours d’instruction, relevant de ses anciennes fonctions ministérielles», précise un communiqué du MPA rendu public avant hier. Le même document souligne qu’Amara Benyounès «fait confiance en la justice de son pays» et «réaffirme son entière disponibilité à coopérer avec celle-ci». La justice convoque, depuis quelque temps, plusieurs responsables pour les auditionner dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption. Il faut souligner que pour le moment aucun ministre n’a été emprisonné.
Durant les vingt ans de règne de l’ex-président Bouteflika, tous les pouvoirs étaient concentrés au niveau de la présidence de la République y compris celui de la justice. Les chefs de l’Exécutif et les membres du gouvernement, dont certains recevaient leurs ordres directement d’El-Mouradia, argueront qu’ils n’ont fait qu’exécuter les instructions du président Bouteflika. Mais cet argument est-il recevable au niveau de la justice pour un haut responsable de l’Etat qui assume des fonctions en son âme et conscience?

Source : lexpressiondz.com

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