Djellab: échec et mat!

0
Le ministre du Commerce

Djellab joue et…perd! Le deuxième Ramadhan du ministre du Commerce s’annonce des plus catastrophiques avec l’échec cuisant de la carte du plafonnement des prix des produits agricoles. En effet, après les 10 premiers jours du mois sacré, force est de constater que les commerçants sont bien, bien loin de respecter les prix promis par le ministre du Commerce. Un petit tour au niveau des marchés de la capitale pour le constater. La pomme de terre, l’un des produits phares de la table des Algériens, dont les prix oscillent entre 60 et 70 DA, alors que le ministre avait promis qu’elle ne dépasserait pas les 50 DA. Que dire alors de la tomate? Elle frôlé la barre des 150 dinars, alors qu’elle devait être vendue entre 60 et 80 DA. De même pour l’oignon qui devait figurer dans la fourchette des 35-65 DA, mais qui est vendu le double du prix promis par le département du commerce.

C’est moins cher dans l’informel, mais…
La viande à moins de 1000 DA le kg, comme promis par le ministre, est un rêve qui semble des plus irréalisables. «J’aimerai bien que le ministre me donne l’adresse de son marché pour aller faire mes courses aux prix auxquels il s’était engagé», s’insurge, Mehdi, un père de famille rencontré au niveau du marché de Kouba.
C’est le même désarroi chez les autres chefs de famille. «Heureusement que je n’ai pas attendu les prix de Djellab pour faire mon marché. Sinon, je n’aurais encore rien mangé jusqu’à aujourd’hui», plaisante de son côté Ayoub, jeune marié, qui faisait ses courses au marché couvert de Rouiba. Notre interlocuteur avoue cependant que les prix ont baissé par rapport à la flambée des trois premiers jours du Ramadhan. «On n’est pas au même niveau que le début du mois sacré où ils avaient atteint des sommets, toutefois on est loin des prix que l’on nous avait promis à la télévision», explique-t-il.

Où est le Rungis algérien?
En fait, force est de constater que les prix se stabilisent, mais restent haut. Il est vrai que sur les bordures de route, les commerçants informels proposent des prix plus ou moins raisonnables, mais dans les marchés «officiels» c’est loin d’être le cas. Ce qui montre l’échec cuisant de la stratégie de Djellab pour offrir un Ramadhan serein aux citoyens. Pourtant, le ministre avait réussi l’année dernière et pour la première fois depuis des années à stabiliser les prix durant ce mois de toutes les flambées. C’est en grande partie d’ailleurs ce qui explique son maintien au sein du gouvernement Bedoui. Mais sa «trouvaille» de plafonner les prix n’a pas marché. Ce qui était prévisible au vu du «souk» qui règne dans ce secteur! Pour appliquer cette feuille de route, il faut contrôler, réprimer. Or, les contrôleurs du ministère du Commerce ont enclenché un mouvement de grève dans plusieurs wilayas du pays, et ce, au début du mois de Ramadhan! Peut-on logiquement demander à des fonctionnaires mal payés d’aller contrôler des barons ou même des petits commerçants, particulièrement dans le contexte actuel? Soyons sérieux, non seulement ces agents de contrôle travaillent dans des conditions difficiles, mais même leur nombre laisse à désirer. Ce qui fait qu’un plan, aussi ambitieux soit-il, ne peut être appliqué sur le terrain. Particulièrement dans un terrain «miné» comme le nôtre où la transparence fait défaut. On est dans un monde dont une poignée de personnes sans fois ni loi dicte sa…loi. On nous avait promis de mettre fin aux pratiques des rois de la spéculation. En vain! Où sont les marchés de gros promis depuis des années? On nous a fait rêver avec un «Rungis» algérien pour le gros et des petits marchés parisiens pour le détail. Il devait assurer une meilleure distribution et couper la main à la mafia de la spéculation. Ils n’ont jamais vu le jour comme d’ailleurs les grands abattoirs et autres contrôleurs qui étaient censés couper l’herbe sous le pied de ces vampires. Des milliards ont été dépensés, des années ont été perdues pour un retour à la case départ.
On est toujours dans un grand bazar où les spéculateurs se font des milliards sur le dos du consommateur au final. Ce n’est donc pas demain la veille où l’on pourra maîtriser les prix. Ce que le ministre sait très bien. Cependant, il a tenté un «bluff» pour essayer de cacher cette triste réalité. Celle d’un département ministériel qui n’arrive pas à empêcher des vulcanisateurs à se transformer en rôtisseurs ou vendeurs de zlabia le temps d’un Ramadhan…Une véritable fable!

Source : lexpressiondz.com

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here