Documents exclusifs. Comment Zoukh a dépossédé une famille de son terrain pour l’offrir à Mahieddine Tahkout

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L’ancien Wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, a abusé de son pouvoir pour octroyer illégalement une assiette foncière de 21 mille M2 située au coeur de Bab Ezzouar, l’un des quartiers les plus prisés de la capitale Alger, à l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, a-t-on appris au cours de nos investigations. Cette assiette foncière appartient à une vieille famille algéroise, la famille Belkadi, et fait l’objet depuis plusieurs années d’un très complexe litige qui est toujours en cours de traitement au niveau de la Justice. 

Mais Zoukh n’a pas attendu un quelconque verdict et n’a respecté aucune disposition légale avant de décider d’attribuer ce terrain stratégique au milliardaire Mahieddine Tahkout où il va y construire un hôtel d’affaires 4e étoiles comme le démontre cette photo que nous reproduisons à nos lecteurs et lectrices.

L’avocat de la famille Belkadi, propriétaire légal de ce terrain, a saisi officiellement la justice au niveau du Conseil d’Etat pour dénoncer la décision de Zoukh, une mesure qualifiée de pure violation d’une propriété privée, a-t-on constaté à la suite de l’obtention de documents exclusifs au cours de nos investigations.  Il faut savoir que la famille Belkadi, originaire de la commune de Birkhadem, se bat depuis 1981 pour régulariser cette assiette foncière de 20100 M2 qui lui revient de droit.

Cette famille s’appelle Belkadi dont le père fondateur est Mohamed Belkadi, l’un des entrepreneurs et bâtisseurs les plus réputés et connus à Alger. Acteur incontournable dans le BTP depuis 1966, Mohamed Belkadi est derrière la réalisation de plusieurs infrastructures à Alger à l’image de l’université des sciences islamiques et économiques de Kharouba, à Hussein Dey, Alger, l’hôpital de Ben-Aknoun ou la route de Dellys. En 1971, cet entrepreneur très actif a obtenu l’affectation d’un terrain de 20100 M2 à la sortie de Bab Ezzouar pour implanter le siège de son entreprise la CBTP en réalisant des travaux de remblais car le terrain était marécageux et nécessitait une viabilisation et des constructions.

Un véritable feuilleton judiciaire a commencé lorsque les autorités locales de la wilaya d’Alger procèdent arbitrairement le 14/03/2017 à la démolition de tout ce qui a été bâti sur ce terrain privé sans la moindre mise en demeure ! La famille Belkadi a été dépossédée de son terrain qui lui appartient en toute légitimité. Au début, il a été réquisitionné au profit d’une entreprise publique qui en a fait une aire de stationnement. Une astuce qui a été utilisée pour faciliter par la suite le détournement de cette assiette foncière au profit d’un milliardaire et son groupe privé alors que la justice n’a toujours pas statué sur ce dossier.

Il faut reconnaître que l’endroit est donc stratégique. C’est, d’ailleurs, pour cette raison que ce terrain fait l’objet d’un véritable feuilleton judiciaire datant de près de 30 ans. Depuis 1987, la famille Belkadi et les héritiers de l’entrepreneur Mohamed Belkadi se battent pour régulariser la situation de cette assiette foncière qui leur avait été attribuée en février 1973 à travers l’arrêté numéro 00172 de la daïra de Rouiba. Celle-ci a affecté ce terrain pour les besoins des activités industrielles de l’entrepreneur Mohamed Belkadi et son frère Rachid.

Algérie Part avait publié auparavant une enquête sur ce terrain qui nourrit un imbroglio judiciaire. Notre enquête avait démontré que la direction générale du domaine national était au courant de ce dossier depuis de nombreuses années. Étrangement, les services de cette instance relevant du ministère des Finances n’ont jamais tranché définitivement dans ce dossier. Et la famille Belkadi a été renvoyé d’un service à un autre au niveau des administrations locales de Bab Ezzouar, Dar El-Beida et Rouiba. Un capharnaüm administratif et bureaucratique inédit et sans précédent. En réalité, à la wilaya d’Alger, personne n’a voulu au cours de toutes ces années régulariser ce terrain.

Finalement, le Wali d’Alger, Abdelkader Zoukh,  chassé manu militari une famille algéroise pour permettre l’attribution de ce terrain à un oligarque influent. Un véritable scandale pour lequel Zoukh devra répondre devant la Justice car l’ex-Wali fait l’objet depuis son limogeage d’investigations poussées de la part des services de sécurité. Nous reviendrons sur ce sujet dans nos prochaines publications.

TSA

3 COMMENTS

  1. Nous aussi il nous a dépossédé de notre appartement dans le cadre du relogement malgré notre possession d’un acte de propriété et c c’ est le cas de plusieurs familles

  2. La dépossession de biens patrimoniaux a commencé dès l’indépendance. Combien de familles ont été dépossédés de leurs terres, de leurs maison, de leurs entreprises légitimement acquises par des entourloupes administratives et des procédures contre lesquelles les plaignants se fracassaient. La loi du plus fort a régné depuis 1962, par des gueux qui ont arraché le pouvoir sans qu’on sache vraiment q’où ils venaient, qui ils étaient, auréolés par des statuts de moudjahidin qui se permettaient tous les abus. Combien de dossiers de spoliations sont restés en archives chez les spoliés pendant que ces messieurs jouissaient de leurs biens et les choses ont encore empiré avec l’islamisme, quand les émirs et autres djihadistes ont construit des maisons, occupé des terrains pour leurs acitivités commerciales sur du foncier privé. Jusqu’à aujourd’hui, les spoliés algériens ont et restent spoliés par leur compatriotes. Que de vols et de voleurs l’Algérie a enfanté. A vomir ! Et combien d’entre eux, sans honte marchent dans le hirak ! La corruption est un cancer qui a rongé tous les secteurs d’activité, toutes les administrations. La vérité est celle-là, pas bonne à dire, ni à lire ni à entendre. Bonne chance cher pays qui parviendra, Icha Allah à guérir de tes maux.

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