Échec inéluctable de la présidentielle : le pouvoir a-t-il un plan B ?

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A mesure que se rapproche la deadline pour le dépôt des candidatures pour la présidentielle du 4 juillet, les chances de voir le scrutin se tenir s’amenuisent. Sans candidats, il ne peut en effet y avoir d’élection.

Jusque-là, le pouvoir n’a pas donné l’impression d’avoir envisagé d’autres scénarios, en misant tout sur le processus tracé par la Constitution, donc sur l’élection présidentielle du 4 juillet. La dernière sortie d’un officiel de haut rang sur la question est celle du chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah qui, le 5 mai, invitait à un dialogue pour préparer l’élection présidentielle et faire en sorte qu’elle se tienne dans les délais.

Le chef d’état-major n’intervient plus publiquement dans le débat depuis deux semaines, mais sa dernière allocution était un autre plaidoyer pour le respect du cadre constitutionnel et c’est à peine s’il a concédé la possibilité de ne pas tenir le scrutin à la date prévue, mais « le plus tôt possible ».

Les porte-voix traditionnels du régime font encore comme si les Algériens ne sortent pas chaque vendredi par millions dans la rue pour rejeter l’élection dans les conditions actuelles. Sans doute que tout ce bruit autour d’un scrutin indésirable s’estompera définitivement dimanche prochain, ou même avant. Cela, si le pouvoir n’opte pas pour le coup de force en imposant un candidat de dernière minute qu’il parrainera et qu’il fera passer contre l’avis du peuple, quitte à « mettre hors d’état de nuire » ceux qui entraveraient la tenue de l’élection, pour reprendre la formule d’el Moudjahid. Une telle option n’a cependant que très peu de chances, voire aucune, d’être retenue avec un mouvement populaire qui vient d’envoyer, à l’occasion du douzième vendredi, un message désespérant à ceux qui misaient sur son essoufflement.

Si ce n’est déjà fait, tout le monde se rendra à l’évidence au plus tard dimanche prochain que l’élection présidentielle n’aura pas lieu à la date prévue, ce qui signifie que la sortie de crise, si elle doit survenir, se fera bien en dehors du cadre constitutionnel que le chef d’état-major de l’armée a tenu jusque-là à ne pas déborder. Sans préjuger de la forme que prendra ce débordement inéluctable de la Constitution, on peut avancer qu’il sera temps pour les choses sérieuses de commencer.

L’option d’un report du scrutin sans autres décisions importantes, comme le changement des responsables indésirables, est très peu plausible, puisque cela reviendrait à revivre la même situation lorsqu’arrivera la nouvelle date retenue. Du reste, les trois mois d’intérim de Abdelkader Bensalah expireront le 9 juillet et il est quasi certain qu’il quittera ses fonctions à cette date.

Le pouvoir a-t-il un plan B pour le remplacer, comme par exemple faire appel à une de ces personnalités issues du système mais ayant gardé une certaine crédibilité et dont on parle depuis quelques semaines ? Ou alors les tenants de la décision seront-ils contraints de céder à la principale revendication de la rue, soit la mise en place d’une instance de transition composée de personnalités issues du mouvement populaire ? Dans les deux cas, ce ne sera pas forcément la fin de la crise, mais au moins un premier pas sérieux vers le dénouement.

À six ou cinq jours de l’échéance qui expire le 19 mai, aucun des 70 candidats à la candidature ayant retiré les formulaires au niveau du ministère de l’Intérieur n’a annoncé avoir réussi l’opération de collecte de signatures. Surtout, aucune personnalité connue n’a fait part de son intention de se présenter.

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