Économie : le choix de la rente

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Alors qu’elle continue d’être dénoncée par plusieurs universitaires et experts, l’option du schiste vient alimenter les controverses et la défiance envers les dirigeants.

Le plaidoyer d’Abdelmadjid Tebboune en faveur des hydrocarbures de schiste  contraste clairement avec ses précédents discours qui soulignaient l’impératif d’un “modèle économique solide basé sur la diversification”. Alors qu’elle continue d’être dénoncée par plusieurs universitaires et experts, l’option du schiste vient alimenter les controverses et la défiance envers les dirigeants ; ceux-ci franchissant un cap décisif au profit d’une exploitation effective des hydrocarbures non conventionnels.

Le président prend ainsi ouvertement option en faveur du schiste, assurant qu’il était question d’un choix contrebalançant le déclin chronique des recettes en devises ainsi que les facteurs négatifs favorisant le retour à l’endettement extérieur. Nul doute que les fervents défenseurs du schiste parmi les responsables politiques s’appuieront sur les tendances baissières en matière de production d’hydrocarbures conventionnels et de recettes, voire sur la hausse de la consommation interne en produits énergétiques. Ces statistiques ne sauraient justifier le pessimisme ambiant quant aux réserves restantes en hydrocarbures conventionnels ainsi qu’aux capacités de production du pays à long terme.

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Des statistiques fournies par les précédents gouvernements ont levé le voile sur des réserves de 1,3 milliard de tep (tonne équivalent pétrole) en hydrocarbures liquides et de 2 745 milliards de m3 en gaz naturel (Conseil des ministres du 06/10/2015), alors que certains experts se sont montrés beaucoup plus optimistes que les responsables officiels au sujet des réserves restantes. Il est vrai que le potentiel restant en hydrocarbures conventionnels évoluait en baisse depuis maintenant plusieurs années, mais l’état de désinvestissement que connaît l’amont pétrolier et gazier pourrait justifier ce mouvement baissier. Au plan politique, cet acharnement à faire du schiste une alternative à la baisse des recettes témoigne de l’incapacité de l’actuel gouvernement à concevoir un modèle économique affranchi des hydrocarbures.

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