El Hadj Tahar Boulenouar au «Courrier d’Algérie» : « Le prix de la pomme de terre risque de rester élevé »

Comme tout le monde le sait, le prix de la pomme de terre a atteint, depuis plusieurs semaines, le seuil des 90 DA le kilo, dans les marchés de détail de la capitale Alger ainsi que ceux des grandes villes. À quoi est-elle due cette flambée qui perdure dans le temps ? À quand la baisse des prix de la pomme de terre et quels sont les voies et moyens de nature à contribuer pour faire baisser les prix? Pour le président de l’Association nationale des commerçants et des artisans (Anca), Boulenouar El Hadj Tahar, la hausse du prix de la pomme de terre est due au déséquilibre entre l’offre et la demande, dont le déficit de la production nationale avoisinant «le million de tonnes, obligeant l’Algérie à faire encore des efforts pour parvenir à l’autosuffisance et à la réduction des prix». Il précise que «l’Algérie doit hausser sa production nationale de pomme de terre à 6 millions de tonnes».
Donc, Boulenouar contredit le ministre de l’Agriculture qui a fraichement accusé les spéculateurs pour la flambée des prix de la pomme de terre. D’ailleurs, ce représentant des commerçants a clairement indiqué que «ce n’est pas la spéculation qui a provoqué la hausse des prix de la pomme de terre». S’agissant de la moyenne nationale du prix actuel de ce légume largement consommé par les ménages, -113 kilos par an-, Boulenouar estime qu’elle s’est établie à 75 DA/KG.
Même s’il note que les prix actuels de la pomme de terre sont de 15 à 20% plus élevés comparativement à sa véritable valeur», Boulenouar juge que «l’augmentation du prix de cette dernière est très «ordinaire !», pointant du doigt les répercussions du manque de production nationale.
«C’est très normal de voir en cette période de l’année les prix de la pomme de terre flamber, d’autant plus que la moitié des quantités produites est placée dans les chambres froides, une autre quantité est destinée aux citoyens, sans oublier que d’autres quantités non moins importantes sont destinées à la fabrication de conserves, de chips, et aux sandwiches !», indique le président de l’Anca.
Par ailleurs, et puisque nous sommes aux portes du lancement de l’opération de déstockage de la pomme de terre d’arrière-saison, qui commence chaque année entre septembre et octobre, nous avons jugé utile de nous arrêter sur les estimations de Boulenouar quant à cette procédure qui a pour objectif de stabiliser justement l’approvisionnement du marché.
Pour lui, cette procédure ne peut faire face à la pénurie, et la hausse des prix de la pomme de terre perdurera encore dans le temps.
Mohhamed Amrouni


Source : lecourrier-dalgerie

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