Élection présidentielle le 4 juillet Nacer Djabi n’y croit pas

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Parmi les observateurs les plus sollicités pour livrer le fond de leur pensée sur le mouvement populaire qui a vu le jour le 22 février dernier, le sociologue Nacer Djabi est, lui également, convaincu qu’en l’état actuel des choses, il serait entre autres illusoire de croire en la tenue d’une élection telle que la conçoit la feuille de route défendue par le tandem Bensalah-Gaïd Salah.

Le sociologue et activiste Nacer Djabi, qui avait maille à partir avec l’administration jusqu’à il y a quelques semaines à peine, avant que voie le jour le mouvement populaire, s’est dit convaincu que les Algériens, qui sortent par millions dans les manifestations du vendredi et en cours de semaine, ne rentreront pas chez eux avant que l’on satisfasse leurs revendications clairement affichées depuis le début.

«Le mouvement a non seulement réussi à formuler ses revendications clairement, mais il a également mis en avant une pléthore de personnes politiques, des universitaires, des personnalités de divers horizons qui interviennent dans le débat et peuvent être considérés comme des représentants légitimes aux yeux du mouvement», a-t-il assuré sur les ondes de la Chaîne 3, hier, rappelant, si besoin est, que ce que veulent concrètement les Algériens c’est une période de transition dont la durée peut être négociée, des élections sous la houlette d’une commission nationale autonome et indépendamment de toute attache avec l’administration, un gouvernement de compétences nationales pour la gestion de la transition, une présidence individuelle ou collective, en lieu et place de Bensalah que la population considère illégitime, qui nous conduira vers la tenue d’une élection présidentielle dont l’heureux élu aura à conduire un processus durant une période de transition devant mener à la tenue d’élections locales et législatives pour doter en institutions l’Etat nouveau que les Algériens réclament.

Eu égard à ce qu’il dit avoir constaté, pas plus tard que mardi avec les marches organisées un peu partout par les étudiants, le sociologue n’a pas l’ombre d’un doute sur sa conviction que «les Algériens ne rentreront pas à la maison sans que leurs revendications aient été satisfaites parce que la révolution qu’ils sont en train de mener on ne la fait pas tous les six mois».

Une mobilisation qui ne s’estompera pas, pronostique Nacer Djabi qui, par ailleurs, ne se fait aucune illusion sur la tenue d’une élection présidentielle à la date annoncée par Bensalah, déjà au regard du délai qui nous sépare de la date du 4 juillet, puis en raison, entre autres, d’un chef de l’Etat illégitime aux yeux du peuple et d’un chef de gouvernement «qu’on ne voit pas» et dont personne ne veut. Tenir une présidentielle le 4 juillet serait même «dangereux» pour Nacer Djabi qui appuie l’idée qu’elle se tienne plus tard, à l’automne prochain avec l’instauration de préalables dont l’installation de la commission nationale indépendante devant présider à la tenue de cette élection.

M. Azedine

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