Élections locales : des partis dénoncent les contraintes du nouveau régime électoral

Algérie – Des formations politiques ont exprimé leur peine, révélant leur incapacité à présenter des candidats au niveau des 1 541 communes que compte le pays.

A l’expiration, jeudi dernier, du délai légal de dépôt des dossiers de candidatures auprès de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), en prévision des élections locales anticipées du 27 novembre prochain en Algérie, des formations politiques ont exprimé leur peine, révélant leur incapacité à présenter des candidats au niveau des 1 541 communes que compte le pays. Fait inédit, depuis l’indépendance du pays, l’ancien parti au pouvoir, en l’occurrence le Front de libération national (FLN), ne sera pas présent dans de nombreuses grandes villes du pays. Et cela pour diverses raisons : difficultés à confectionner des listes de candidats, où invalidation de ses dossiers à cause de la non-conformité des souscriptions d’électeurs exigées par la loi électorale.

L’ex-parti unique devra faire l’impasse sur plusieurs chefs-lieux de wilayas (provinces) où il avait l’habitude de remporter les élections depuis l’avènement du pluralisme politique en Algérie en 1989 : Annaba et Constantine (l’est du pays), Tlemcen à l’Ouest et Djelfa au centre sud du pays. En attendant le traitement de toutes les listes par l’ANIE, qui dispose de 10 jours francs pour traiter tous les dossiers de candidature et tous les recours, le FLN, arrivé en tête lors des dernières législatives du 12 juin dernier avec 98 sièges, ne sera pas présent dans au moins une centaine de communes.

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Qualifié de parti de l’administration, le Rassemblement national démocratique (RND) bute aussi sur les mêmes difficultés, le contraignant à faire aussi l’impasse sur plusieurs dizaines de communes. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP, d’obédience islamique) qui a arraché 65 sièges à l’APN lors des dernières législatives, n’a pas pu aussi présenter des listes au niveau de toutes les communes du pays. De même pour le plus vieux parti de l’opposition en Algérie, le Front des forces socialistes (FFS) qui n’a pu présenter des candidats que dans 23 wilayas (provinces), mais dans moins de 300 communes.

Des communes sans candidats

Les chefs des partis qui se sont exprimés, depuis samedi dernier, sur ces difficultés pointent du doigt les derniers amendements de la loi électorale, notamment son article 316 qui fixe un seuil de parrainages des électeurs (25 000 signatures individuelles, recueillies au moins dans 23 wilayas). A cela, il faut ajouter l’obligation de la parité homme-femme sur les listes de candidatures. « Le nombre de signatures des électeurs est fixé à 35 pour chaque candidat. Cette obligation est difficile à satisfaire, surtout dans certaines communes de l’intérieur du pays où le nombre de parrainage demandé est équivalent à celui des électeurs inscrits sur le fichier électoral », a commenté un responsable du RND, sous le couvert de l’anonymat.

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Jusqu’à jeudi dernier, aucun parti ou liste indépendante n’a validé des candidats dans au moins une dizaine de communes, notamment dans les deux wilayas de la Kabylie, en l’occurrence Tizi Ouzou et Bejaia qui ont enregistré 0,6% de participation lors des dernières législatives. « Il y aura beaucoup de communes sans candidats, surtout celles situées dans des zones rurales et montagneuses. Faute de parrainages des électeurs et de parité homme-femme, l’ANIE va invalider beaucoup de listes », prévient un responsable du FLN.

Pour rappel, les dernières élections organisées en Algérie ont enregistré des taux de participation historiquement bas (23,2% lors des dernières législatives).

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