Etats-Unis-Iran : les tensions s’exacerbent

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Etats-Unis-Iran : les tensions s’exacerbent

Les Etats-Unis ont accentué ces derniers jours la pression économique et diplomatique sur l’Iran dans l’objectif d’amener Téhéran à renégocier l’accord nucléaire de 2015, alors que la République islamique se montre inflexible sur cette question et s’engage dans un bras de fer avec Washington, suscitant des inquiétudes quant à ses conséquences sur la région du Moyen-Orient.

Depuis le retrait unilatéral de l’accord nucléaire de 2015, décidé en mai 2018 par le président Donald Trump, les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ne cessent de prendre de l’ampleur depuis quelques semaines jusqu’à laisser planer le doute d’une éventuelle déstabilisation dans la région.

En effet, les décisions prises récemment par la Maison-Blanche à l’égard du Corps des gardiens de la Révolution iranienne classé en tant que «groupe terroriste étranger» et celle d’imposer, à compter de mai, des sanctions contre tout pays qui continuerait à acheter du pétrole iranien sont perçues par les dirigeants iraniens comme un pas vers l’escalade militaire.

Officiellement, les responsables américains ont écarté jusqu’à présent le recours à une intervention militaire pour un changement de régime, soutenant que le plan du président Trump vis-à-vis du Téhéran s’inscrit résolument dans le cadre de la politique dite de «pression maximale» pour forcer les dirigeants iraniens à accepter la renégociation de l’accord nucléaire de 2015, selon leur desiderata.

Considérant que le texte en question avait été «mal négocié» par l’ancienne administration, Donald Trump veut introduire de nouvelles clauses plus «contraignantes», allant de restrictions sur les activités balistiques iraniennes jusqu’au rôle géopolitique de Téhéran dans la région du Moyen-Orient.

Dans ce contexte, les regards sont notamment braqués sur la sécurité du golfe Persique et le détroit d’Ormuz d’où transitent les marchandises de nombreux pays de la région et 30% du trafic du pétrole mondial. Certes, les responsables iraniens ont rassuré que Téhéran n’avait pas à présent l’intention de fermer le détroit d’Ormuz au transport maritime international mais ils ont mis en garde tous les pays qui voudraient interdire l’exportation du pétrole iranien que cette voie leur sera inaccessible.

Cet avertissement s’adresse plus particulièrement aux Etats-Unis, qui ont rétabli les sanctions contre les exportations du brut iranien et demandé aux pays acheteurs (Chine, Inde, Turquie, Japon, Corée du Sud, Taïwan, l’Italie et Grèce) de cesser leurs approvisionnements auprès de la République islamique.

Inquiétude croissante de la communauté internationale

Face à cette mesure qui entrera en vigueur à partir du 2 mai, les dirigeants iraniens n’ont pas tardé à réagir en brandissant, quant à eux, la menace de quitter le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

S’exprimant, dimanche, à la télévision nationale, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a soutenu, en effet, que les choix de la République islamique sont «nombreux» dont l’un d’entre eux  est celui du retrait de Téhéran du Traité sur les armes nucléaires (TNP), tout en annonçant sa prochaine visite en Corée du Nord, pays qui fait l’objet, lui aussi, d’une série de sanctions pour son programme nucléaire.

En évoquant la sortie de Téhéran de l’accord multilatéral des Nations unies empêchant l’élargissement de la liste des pays possédant des armes nucléaires, Zarif en a rajouté une couche à ce conflit qui risque, selon plusieurs observateurs, de mener vers la déstabilisation de toute la région du Moyen-Orient.

Sur le plan économique, le Fonds monétaire international (FMI) a averti, lundi, dans son rapport sur ses perspectives régionales sur les retombées des sanctions prises par les Etats-Unis contre Téhéran. Le FMI a souligné que l’horizon des pays de la région Mena et des puissances émergentes sera assombri en raison des incertitudes liées aux conflits, citant notamment le cas de l’Iran.

Ainsi, les pays importateurs du pétrole iranien, comme la Chine, l’Inde et la Turquie, devraient connaître une croissance relative de 3,6% cette année, contre 4,2% en 2018, du fait des restrictions financières et commerciales imposées par Washington à l’économie iranienne.

La Chine a d’ailleurs appelé les Etats-Unis à respecter ses «intérêts et préoccupations économiques», assurant qu’elle continuera à «sauvegarder les droits légitimes des entreprises chinoises».

Pour Pékin et Ankara, la décision prise par les Etats-Unis contre le pétrole iranien ne pourra qu’intensifier les troubles au Moyen-Orient, alors que l’Irak, pays voisin de l’Iran, a demandé à ne pas être entraîné dans ce conflit, insistant sur l’implication de la communauté internationale dans l’apaisement de la situation dans la région.

R. I.

Source : algeriepatriotique

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