Exclusif. Les documents qui remettent en cause les déclarations du milliardaire Mohamed Laïd Benamor

0

Le milliardaire Mohamed Laïd Benamor, le président de la chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), et l’un des principaux oligarques algériens, a-t-il encore une fois menti aux Algériens ? C’est en tout cas la question que l’on peut se poser en toute légitimité à la lumière des nouveaux documents exclusifs obtenus par Algérie Part au cours de ses investigations. 

Ces documents sont les statuts de la société que la famille Benamor ont créé en Suisse, dans les environs de Lausanne plus exactement. En réponse aux révélations faites par Abdou Semmar, le rédacteur en chef d’Algérie Part, sur le plateau de l’émission « Kawalis » diffusée sur Amel TV, le groupe Benamor s’est défendu contre toute pratique fiscale louche ou suspecte. Dans un article sponsorisé, c’est-à-dire financé par l’oligarque algérien, publié sur TSA et certains autres médias nationaux qui se nourrissent de la manne publicitaire de la famille Benamor, il a été affirmé que « la société General Food Company a été créée en Suisse dans le but de commercialiser et distribuer les produits du groupe Amor Benamor. Elle est exclusivement client : elle s’approvisionne auprès d’Amor Benamor, mais ne lui vend ni produits, ni équipements. Ce n’est donc pas un fournisseur, comme cela a été affirmé de manière mensongère sur cette web TV. Les bilans de General Food Company l’attestent. Ils sont versés dans le dossier des plaintes en diffamation, à Alger, Paris et Genève ».

Il s’avère que les documents en notre possession démontrent totalement le contraire. Du moins, ils laissent planer un doute sur la sincérité de Mohamed Laïd Benamor qui fait l’objet de profondes investigations sur des faits de corruption en Algérie. D’ailleurs, l’homme qui ne peut pas voyager parce qu’il fait l’objet d’une interdiction de quitter le territoire national (ISTN), n’a pas dit toute la vérité sur les activités de son entreprise basée en Suisse.

Et pour cause, la société General Food Company de la famille Benamor développe plusieurs activités sur lesquelles le patron de la CACI ne dit rien. En effet, nos documents affirment que cette société a pour but le commerce et la vente de tous produits agro-alimentaires. Mais cette société se charge aussi de l’exploitation des restaurants et de toutes activités financières et immobilières en relation directe ou indirecte avec son but ! C’est que cette société suisse n’a jamais été créée « dans le but de commercialiser et distribuer les produits du groupe Amor Benamor », comme l’affirme l’oligarque Mohamed Laïd Benamor. C’est un pur mensonge puisque les statuts de General Food Company indiquent un champs d’action beaucoup plus large qui permet effectivement au milliardaire algérien d’utiliser son argent en Algérie pour acquérir des biens ou d’autres entreprises à l’étranger. Ce qui est formellement interdit par l’article 8 du règlement de la Banque d’Algérie numéro 07-01. Cet article précise clairement que « Hormis les cas expressément prévus par l’article 126 de l’ordonnance n°03- 11 du 26 août 2003, susvisée, la constitution d’avoirs monétaires, financiers et immobiliers à l’étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie est interdite ».

Le groupe Benamor a-t-il informé préalablement la Banque d’Algérie sur la nature exactement de cette société fondée en Suisse ? A-t-il obtenu les autorisations nécessaires pour réaliser un transfert de devises pour créer cette société ? A ces questions, Mohamed Laïd Benamor refusent d’y répondre.

Quoi qu’il en soit, le business des Benamor en Suisse soulèvent de nombreuses suspicions surtout lorsqu’on sait qu’avec cette société, ils peuvent créer des « succursales à l’étranger ou accorder des prêts à des actionnaires ». Et qui est actionnaire de cette société suisse ? Le propre frère de Mohamed Laïd Benamor ! Il est totalement légitime pour Algérie Part de s’interroger sur la provenance des fonds qui financent les activités de cette société suisse dont l’existence est plus que jamais suspecte. S’agit-il d’un mécanisme sournois pour transférer illicitement des devises vers l’étranger ? C’est fort probable et les enquêteurs de la gendarmerie nationale doivent s’intéresser à ce dossier de plus près. Et pour cause, pour cacher leur argent dans les paradis fiscaux, les oligarques algériens utilisent généralement deux procédés machiavéliques : sous-facturer à l’export et surfacturer à l’import. La question qui s’impose dans le dossier de Benamor est savoir si le milliardaire algérien n’a pas sous-facturer pour revendre au client final et garder ensuite un excédent dans ses comptes en Suisse ? Cette technique permet d’éviter de déclarer des exportations importantes au fisc algérien et de garder un matelas de devises en Suisse.

Nous poursuivons nos investigations et nous reviendrons sur ce dossier avec de plus amples révélations.

 

Algeriepart

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here