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Forte menace sur les comptes de l’état

Le Brent est retombé hier à un niveau assez bas (autour de 58 dollars). Il a été malmené par les turbulences dans le commerce mondial, nées du conflit sino-américain. Le marché devient de plus en plus incertain concernant les perspectives sur la demande, étant donné la détérioration des négociations entre les deux pays, a expliqué Warren Patterson, analyste. La tendance à la baisse des prix de l’or noir devrait se poursuivre, car, il est peu probable que les deux États conviennent d’une entente sur le commerce dans l’immédiat.

De plus, les chiffres sur la demande de pétrole et sur la production aux États-Unis ne sont pas bons, ne plaidant pas en faveur d’une reprise rapide des cours. Et, les pays pétroliers dont l’Algérie s’en inquiètent, parce qu’ils ne savent pas de quoi demain sera fait. L’Algérie, petit producteur, fait partie des pays les plus touchés par une tendance durable à la baisse.

Il est vrai qu’avec un baril oscillant entre 70 et 80 dollars, Sonatrach peut poursuivre ses programmes de développement, mais cette fourchette de prix, qui a une valeur indicative, ne permettrait pas aux comptes publics de s’équilibrer. Ces derniers se sont fortement détériorés depuis la dégringolade des cours amorcée à la mi-2014.

Une rechute des prix n’est pas à exclure dans ce contexte économique mondial, marqué par une croissance léthargique, une demande atone et une production américaine qui carbure à plein régime. C’est dire qu’il n’y a pas matière à optimisme, à l’heure qu’il est. L’Algérie retient son souffle ! Ses réserves de changes, qui s’établissaient à 79,88 milliards de dollars à la fin de l’année 2018, ont chuté à 72,6 milliards de dollars en avril dernier.

Son déficit budgétaire a atteint  992,67 milliards de dinars durant le premier trimestre de 2019, contre 1 276,5 milliards de dinars pendant la même période en 2018. Se pose alors l’inévitable question : comment combler ce déficit ? Le pays puisait dans les milliards de dinars, produit de la planche à billets, pour le faire. Mais le gouvernement en place a décidé, il y a quelques mois, d’arrêter la “machine à sous”, sans, toutefois, proposer une solution de rechange.

Habitué plutôt aux solutions de facilité (à petite échelle), l’Exécutif va certainement opérer une dévaluation de la monnaie nationale pour s’accommoder de la situation qui règne en matière de déficit. Le dinar, déjà mal en point, risque ainsi de subir des coupes sombres. Dans ses précédentes prévisions, le Fonds monétaire international (FMI) a prévu que le budget de l’Algérie ne peut tenir en équilibre qu’avec un baril à 98,6 dollars en 2019. Mais pour son équilibre extérieur de l’année en cours, le pays aura besoin d’un baril de 78,9 dollars en 2019.

Cette rechute des cours aura un impact inévitable sur la valeur des recettes en devises ; une faible rentabilité du baril de Brent compliquerait l’équation budgétaire, à l’heure où les arbitrages pour 2020 s’annoncent pour le moins complexes. Le besoin d’un retour à la croissance n’a jamais semblé aussi urgent après une année 2018 catastrophique au plan de la croissance avec, au compteur, une évolution d’à peine 1,4%. Or, quand les ressources financières s’amenuisent, le pays fonctionne par rétropédalage. Évidemment, moins il y a d’argent dans les caisses, moins est importante la croissance économique, les dépenses publiques en étant le moteur.

Youcef Salam

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