Ils boycottent l’enseignement de la langue arabe : La grève des élèves se généralise à Tizi-Ouzou

Entamé par des lycéens des Ath Zemenzar à Tizi-Ouzou, dimanche dernier, le boycott des cours de langue arabe est en train de gagner du terrain et de prendre des proportions alarmantes. Hier, une dizaine d’établissements scolaires des trois paliers éducatifs ont été paralysés dans de nombreuses régions de Kabylie.
à Ath Douala, Fréha, Aïn Zaouia, M’kira, comme à Bouzeguene, les élèves ont répondu à un appel anonyme véhiculé sur les réseaux sociaux pour le boycott des cours d’arabe en réponse au groupe de parents d’élèves de la wilaya de Jijel ayant contesté l’obligation de l’enseignement de Tamazight à leurs enfants, en septembre dernier. Alors qu’aucune réaction de la part de la tutelle n’a eu lieu depuis le début, cette action est en train de gagner du terrain et toucher tous les établissements scolaires des communes relevant de la wilaya de Tizi-Ouzou. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont été nombreux à s’indigner contre la manipulation des élèves et l’instrumentalisation de Tamazight à des fins politiques. Selon eux, des pages sur facebook ont influencé «l’esprit juvénile», et les parents d’élèves doivent agir vite pour empêcher que la situation ne s’aggrave. Du côté des syndicats du secteur, le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), Idir Achour, a réagi en qualifiant la situation de «désolante» pour les deux parties. Selon lui, ces comportements mèneront à un conflit qui risque de prendre des ampleurs graves. à propos de la réaction des lycéens de Tizi- Ouzou, il a estimé qu’«elle n’est pas correcte» bien qu’elle soit légitime. Pour le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), les élèves ne devraient pas tomber dans ce genre de piège bien que leur réaction soit «naturelle».
«On ne doit pas réponde à quelque chose de négatif par de l’ultra négatif», a déclaré Boualem Amoura, allusion faite à l’action initiée par les parents d’élèves «intégristes» de la wilaya de Jijel qui, selon lui, refusent le savoir. Appelant les élèves à la sagesse, et à ne pas entrer dans ce genre de provocations «inutiles», le SG du SATEF estime qu’il faut élever le niveau et surtout de s’ouvrir à tous les savoirs. Sur la question de Tamazight, notre interlocuteur a affirmé qu’elle doit être obligatoire dans tous les établissements scolaires au niveau national, et à ce que le caractère facultatif ne lui soit pas attribué. Pour finir, Amoura rejette toute instrumentalisation de Tamazight à d’autres fins tout en espérant que la grève des élèves soit très vite gelée et qu’elle n’atteigne pas les autres villes du pays.
Ania Nait Chalal

Source : lecourrier-dalgerie

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