Alors que les citoyens se sont engagés depuis le 22 février dernier dans des manifestations pacifiques et grandioses réclamant le départ du système en place et ses figures, en appelant à l’édification d’un État de droit, voilà que le peuple est au rendez-vous, encore une fois, demain, avec un 10e vendredi de marche, lors d’une manifestation à travers laquelle il fera entendre sa voix prépondérante.

À cet effet, une nouvelle démonstration de force attend demain les Algériens et Algériennes qui ont réussi à franchir le mur de la peur et impressionner le monde entier par leur pacifisme. Ce mouvement qui a atteint déjà plus de deux mois, a réussi jusqu’à aujourd’hui à arracher quelques revendications commençant par la démission du président Bouteflika et celle de Tayeb Belaïz, président du Conseil constitutionnel. Outre l’appel au départ exrimé dans la rue de deux autres «B» « Bensalah et Bedoui». Toutefois, ces démissions ne semblent pas avoir changé les choses tant que des figures du système actuel sont toujours en place. C’est ce qui a provoqué les Algériens qui sont sortis vendredi passé en masse à travers tout le pays, réaffirmant le départ de tout le système sous le fameux slogan «Trouhou gaâ» ou encore «Tatnahaw gaâ» (Vous partez tous !).
Dans le même contexte et durant la semaine qui a suivi, des manifestations ont eu lieu, telle la marche grandiose des étudiants, réclamant toujours les mêmes revendications en insistant sur l’application de l’article 07 de la Constitution. Une revendication répercutée par Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’ANP, dans ces discours précédents, mais pas dans sa dernière sortie publique de mardi dernier malgré son appel, dans un passé récent, à l’application de cette disposition constitutionnelle.
Dans son dernier discours, et d’ailleurs, Gaïd Salah a dénoncé ceux qu’il qualifie de «voix qui ne veulent aucun bien à l’Algérie», renvoyant de ses propos à la conférence de Bensalah qui a reçu un boycott de la majorité des forces vives de la nation. Le chef d’état-major de l’ANP a également appelé le peuple à être «plus sage en restant pacifique», notamment dans ses marches populaires.
Du coup, on attend un 10e vendredi pacifique plus mobilisateur, plus musclé, plus pacifique, mais surtout plus déterminant pour l’avenir du processus de transition dans notre pays. Des partis et activistes, en tout cas, le prévoient, et estiment que les marches se poursuivront jusqu’à la consécration de la souveraineté populaire.
À la veille du vendredi, en effet, le peuple reste à la fois dans l’action revendicative et l’expectative d’une issue à la crise selon ses aspirations. C’est-à-dire, comment et par quels mécanismes mener une transition démocratique en Algérie afin de réaliser le changement pacifique que le peuple a toujours revendiqué depuis l’action historique du 22 février. Après l’échec de la conférence de concertations de Bensalah, quoique les consultations se poursuivent, l’ANP venait de s’exprimer une nouvelle fois et attendra certainement la réaction du peuple demain vendredi.
Sarah Oubraham

L’ACTIVISTE SAMIR BENLARBI AU «COURRIER D’ALGÉRIE» :
«Le peuple demandera en urgence l’application des articles 7 et 8 de la Constitution»
Interrogé hier pour connaître son avis sur les derniers développements politiques sur la scène nationale, l’activiste Samir Benlarbi estime qu’«après l’évolution des événements cette semaine, le peuple algérien sortira de nouveau en masse pour demander en urgence l’application des articles 07 et 08 afin de commencer une transition réelle et concrète.» Et d’ajouter, en cause, par dire: «Parce que le peuple n’attend pas les messages de la part des Institutions mais des actes concrets», affirme-t-il, en soulignant que la population «est consciente des manœuvres du pouvoir surtout celles qui concernent la justice». Pour Benlarbi « il s’agit de manœuvres afin de régler des comptes entre le système. Mais ces manœuvres n’influenceront jamais le mouvement pacifique et l’union des citoyens», poursuit-il, en indiquant que le peuple «réclamera, demain, et de nouveau, le départ de toutes les figures et les symboles du système en place, en espérant, avant de conclure, qu’il n’y aura pas de répression contre les manifestants.»
Propos recueillis par S. O.

Source : lecourrier-dalgerie

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