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Ils sont chargés de réfléchir sur l’amélioration de la production locale: Des experts au chevet de la filière lait

L’industrie laitière enregistre le plus faible taux de valeur ajoutée de l’industrie agroalimentaire.

Un groupe d’experts chargé d’élaborer des mécanismes visant à promouvoir la filière lait sera créé. C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche qui évoque une réunion qui s’est tenue, lundi, au siège du ministère et qui a regroupé des professionnels de la filière lait, des représentants des ministères du Commerce, des Finances et de l’Industrie et des Mines, ainsi que des cadres du ministère de l’Agriculture.

Lors de cette réunion, le ministre de l’Agriculture, Abdelkader Bouazgui, a appelé les professionnels à “développer la filière lait”, soulignant que son département était “prêt” à leur assurer “tous les moyens nécessaires pour encourager la production nationale et réduire la facture d’importation”.

Cette rencontre intervient dans le cadre de l’application des mesures arrêtées lors d’une réunion interministérielle sur la filière lait tenue en juillet dernier. Les crises alimentaires vécues ces dernières années au niveau mondial ont mis au jour la vulnérabilité du secteur agroalimentaire tant en termes de sources d’approvisionnement qu’en termes de ressources financières, de plus en plus importantes, qu’il faut consacrer pour l’importation de produits de base comme les céréales et le lait qui constituent pour l’Algérie le modèle de consommation dominant. Selon une étude sur le lait conditionné et les boissons lactées de l’Association des producteurs algériens de boissons, l’industrie laitière enregistre le plus faible taux de valeur ajoutée de l’industrie agroalimentaire.

Cette structure est caractéristique d’une activité dont les produits sont peu élaborés et les prix relativement faibles. L’activité est dominée par le lait de consommation, principalement le lait pasteurisé, produit mis sur le marché à un prix subventionné et à un niveau relativement très bas. Pour les auteurs de l’étude, les niveaux des prix constituent, à coup sûr, une contrainte au développement de l’industrie laitière. S’appuyant sur les statistiques du Centre national du registre du commerce (CNRC) de l’année 2016, l’étude indique que le nombre d’entreprises activant dans l’industrie du lait et des produits laitiers est estimé à 778. Le secteur privé domine. Cependant, l’Office national interprofessionnel du lait (Onil) a répertorié
175 laiteries conventionnées en 2014. “Depuis, le nombre a augmenté, et on compte 182 laiteries en activité et quelques projets en cours (5 projets)”, a précisé l’étude, qui évoque une surcapacité de production. Le potentiel de production est plutôt sous-utilisé, puisque 50% des entreprises fonctionnent à moins de 50% de leur capacité, 80% à moins de 75% et seulement 20% travaillent à plein régime.

L’environnement national de l’industrie du lait conditionné est marqué par une intervention forte de l’État. La politique de l’État se manifeste en amont par la politique de soutien à la production du lait cru et à l’intégration, et en aval par le soutien du prix à la consommation. Cette intervention de l’État, structurante pour la filière, a, certes, favorisé le développement de la consommation, encouragé la production agricole et la collecte, mais elle a constitué un handicap à la diversification des produits transformés. Pour les auteurs de l’étude, “Les aides de l’État indispensables au dispositif de la production du lait cru doivent être repensées et maintenues comme un grand apport pour le développement de la filière laitière”.

Ils suggèrent la révision du mode de régulation du marché, en remplaçant la subvention du prix par une subvention ciblée des revenus et la libéralisation des prix de vente du lait, avec un renforcement du contrôle de la qualité du lait mis sur le marché. Ils citent, dans ce cadre, l’exemple des politiques menées au Maroc et en Tunisie. Les deux pays maghrébins ont mené des réformes profondes en libéralisant le marché de la consommation afin de diminuer les importations de la poudre de lait. Le résultat a abouti à une totale couverture des besoins en Tunisie et à une large couverture pour le Maroc.

Source : actualite-algerie

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