Journée mondiale de la liberté de la presse : Les médias appelés à plus de vigilance, responsabilité et lucidité

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À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse qui coïncide avec le 3 mai de chaque année, le gouvernement a appelé les médias à la vigilance et au respect de l’éthique, de la déontologie, qui constituent les fondements d’un journalisme professionnel.

La Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée cette année dans un contexte particulier. Compte tenu du mouvement pacifique que connait l’Algérie depuis le 22 février dernier, les médias nationaux sont appelés à plus de vigilance, de responsabilité et de lucidité.
Pour le gouvernement, qui a adressé jeudi dernier un message à l’adresse des médias, la presse doit être à la hauteur d’un rôle de «médiateur d’un dialogue vital» entre tous les Algériens au service de l’intérêt supérieur de la Nation.
Dans une déclaration lue au nom du gouvernement par le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Hassan Rabehi, a rendu hommage à la presse nationale depuis son implication dans le combat libérateur et qui a payé un lourd tribut durant la décennie noire. Le gouvernement a estimé que le retour de la sécurité et de la stabilité a favorisé un développement conséquent de la presse, de ses ressources humaines et de ses moyens techniques et technologiques.
Le gouvernement loue la pluralité médiatique, estimant que «les médias algériens jouent et doivent jouer face aux défis que l’Algérie rencontre aux échelons national et international».
Ainsi, la presse est appelée à traduire, au mieux, auprès de l’opinion nationale, les enjeux et les défis actuels et à porter les projets de modernité et de progrès social en favorisant, en son sein l’argumentation et le débat constructifs, en tant qu’accompagnateur de la société, de ses femmes et ses hommes, sur la voie du changement.
Le gouvernement a mis en évidence la nécessité de mettre en place des conditions socio-professionnelles adéquates qui respectent autant les exigences minimales liées aux contraintes qu’impose le métier de journaliste, affirmant que la presse algérienne a tout de même besoin, pour préserver ses lettres de noblesse, de mécanismes organisationnels et régulateurs structurants qui favorisent les conditions d’un exercice professionnel et éthique du métier de journaliste.
Le gouvernement a rassuré qu’il lancera des mesures afin d’aider la corporation à s’organiser et à se fédérer dans le sens de la prise en charge, par les journalistes eux-mêmes, des préoccupations à caractère éthique et professionnel que soulève l’exercice quotidien de leur métier.
«La presse doit être vigilante quant aux enjeux de l’étape particulière que vit notre pays qui est autant porteuse d’opportunités pour notre nation, qu’elle foisonne de dangers pour les aspirations, que chaque Algérienne et chaque Algérien, portent pour eux-mêmes et pour l’Algérie. Les médias doivent être un espace responsable de conciliation des démarches des uns et des autres pour consacrer les conditions d’une solution consensuelle possible», affirme encore le gouvernement.

La question de la régulation et de l’organisation toujours d’actualité

Depuis l’ouverture du champ médiatique, la question de la régulation et de l’organisation toujours d’actualité. Des professionnelles regrettent l’absence d’un Conseil d’éthique et de déontologie au profit de la presse nationale pour consolider l’éthique professionnelle et des règles du métier et contribue à la moralisation de la presse et à mettre fin à la désinformation en Algérie.
Promulguée en 2012, la loi de l’information consacre un chapitre au respect de l’éthique et de la déontologie en détaillant les principes que le journaliste doit respecter dans l’exercice de son activité. Elle prévoit la mise en place d’une instance nationale de déontologie et d’éthique de la presse, élue par la corporation, qui veillera au respect par les médias des règles de déontologie.
Cependant, plus de 7 ans après, cette disposition est restée lettre morte. La presse algérienne attend aussi la mise en place de l’Autorité de régulation de la presse écrite (ARPE), prévue par cette même loi. Néanmoins, un pas a été franchi sur le plan de la réglementation avec la libéralisation de l’espace audiovisuel (loi 14-03 du 24 février 2014), la dépénalisation du délit de presse ou encore l’installation de l’autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV). Toutefois, le législateur qui a voulu octroyer à l’ARAV un poids et une autonomie de décision, «ne l’a pas dotée de moyens nécessaires à son fonctionnement», alors que «la question de son statut et son budget demeurant en suspens», avait déploré cette institution en février dernier.
L’ARAV a assuré, dans un communiqué, qu’elle «ne peut fonctionner normalement que si les pouvoirs publics concernés satisfont à leurs obligations en matière de mise en ordre du paysage audiovisuel». L’absence d’un véritable syndicat capable de défendre les intérêts des journalistes et œuvrer pour l’amélioration de leurs droits socio-économiques a été relevée, à plusieurs reprises, par les professionnels du secteur qui regrettent la «résignation» des journalistes devenus «insensibles» à leurs problèmes. La multiplication des projets de création de syndicats autonomes et l’échec du projet de création d’un syndicat fédérateur de tous les journalistes a compliqué davantage la situation des journalistes, notamment dans le privé.

Octroi de la publicité : le gouvernement promet plus de transparence et d’objectivité

Jeudi dernier, plus d’une centaine de journalistes de différents horizons, ont tenu à Alger une assemblée générale pour la création d’un syndicat national autonome. Il convient de signaler que la presse continue de faire face à de nombreux obstacles qui entravent la production d’une information libre, luttant chaque jour pour garantir aux citoyens un véritable service public et une information crédible. Il s’agit notamment du volet financier où la plupart des titres de la presse peine à assurer leur équilibre financier.
Pour ce qui est de la pub de l’ANEP, des éditeurs ont dénoncé le fait que la publicité n’est pas équitablement distribuée.
Le gouvernement a annoncé la mise en place d’une commission chargée d’appliquer la décision du gouvernement relative à l’adoption de la transparence et l’objectivité dans l’octroi de la publicité publique, entre tous les médias publics et privés.
Il a créé le poste de porte-parole, une mission confiée au ministre de la Communication qui anime chaque mercredi, à l’issue de la réunion du Conseil du gouvernement, un point de presse pour éclairer l’opinion publique sur les actions entreprises par le gouvernement et répondre aux questions des journalistes sur les questions de l’heure.
Soumise à une pression croissante au fil des années, la presse en Algérie a su surmonter les obstacles et défendre ses droits pour arracher de précieux acquis. Aujourd’hui, condamnée à aller de l’avant sur la voie du renforcement de ces acquis, la corporation doit aussi faire preuve d’un plus grand professionnalisme et respecter la déontologie journalistique. L’amélioration de la détection de la désinformation constitue pour les professionnels de la presse une priorité. Mais, même si cette question revêt une grande importance pour l’ensemble de la corporation, celle-ci peine à vérifier la véracité de certaines informations, notamment en l’absence de communication institutionnelle. En témoigne, les difficultés rencontrées par la presse à accéder à l’information concernant les nombreux dossiers de lutte contre la corruption ouverts, ces dernières semaines, par la justice.
Synthèse Samir Hamiche

Source : ouestribune-dz

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