La fin pitoyable de Bouteflika et l’avenir du système

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Les Algériens tiennent à leur révolution pacifique. Ce vendredi, ils ont donné une nouvelle preuve en sortant en masse dans toutes les villes du pays, pour réitérer leur principale revendication qui porte sur le départ du système et l’organisation d’une transition démocratique.

Depuis le 22 février, ils ne cessent de dire haut et fort, pacifiquement, qu’ils veulent un État de droit et une véritable démocratie. Les Algériens ne veulent pas d’une simple opération de relookage du régime en place. Ils veulent récupérer le pouvoir, qui leur a été confisqué par la force, au lendemain de l’indépendance, par un système illégitime.

En face, le pouvoir a bien compris, mais il fait la sourde oreille. Si Bouteflika a abdiqué en quittant le pouvoir par la petite porte après un mois et demi de manifestations, le système continue de faire de la résistance. Sur le fond, aucune revendication du mouvement populaire n’a été satisfaite. On constate de temps en temps la résurgence des pratiques de l’ancien régime, qui a survécu à toutes les contestations et les révoltes depuis 1962. On constate aussi que le système cherche à imposer ses choix et à détourner la révolte populaire. Sans succès.

L’incarcération de Said Bouteflika, du général Toufik, et des hommes d’affaires impliqués dans les scandales de corruption après des années de prédation et d’impunité sous Bouteflika, est venue en retard. Elle n’a pas eu d’impact sur la mobilisation populaire. Au contraire, elle a renforcé la détermination des Algériens à poursuivre le combat, pour se débarrasser du système qui a engendré de tels prédateurs et mené le pays à l’impasse.

Aujourd’hui, alors que le mouvement populaire bouclera mercredi prochain ses trois mois, le pouvoir est en panne de ruses. Toutes ses tentatives de venir à bout du mouvement populaire se sont heurtées à la solide détermination des Algériens. Pris au piège, dépourvu d’arguments et d’appuis au sein de la société, le système tente de gagner du temps, pour trouver la bonne thérapie, nécessaire à sa régénération. C’est dans son ADN. Depuis l’indépendance, aucun dirigeant algérien n’a cédé le pouvoir de son propre gré. De Ben Bella à Bouteflika, en passant par Boumedienne, ils partagent tous la même obsession du pouvoir qui, en Algérie, frappe ses tentants de cécité, et de surdité.

Les nouveaux maîtres du pouvoir vont-ils faire exception à la règle ou vont-ils continuer à gouverner contre le peuple, avec les résultats prévisibles ? De leurs choix dépendra l’avenir du pays. Ils devraient méditer la crise actuelle et la fin pitoyable de Bouteflika devraient les inspirer, pour comprendre définitivement qu’il est temps de rendre le pouvoir au peuple.

TSA

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