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La rue libanaise ne décolère pas

La contestation s’est poursuivie hier au Liban avec l’organisation de plusieurs rassemblements à travers plusieurs villes du pays, rejetant le nouveau gouvernement, annoncé la semaine dernière. À Beyrouth, dans la capitale, des centaines de manifestants ont tenté de bloquer l’entrée du Parlement pour empêcher les députés libanais de participer à une séance consacrée au budget public de l’année 2020.

Le Premier ministre, Hassan Diab, a été fortement chahuté à son arrivée sur place par les manifestants qui ont demandé son départ.  Selon les médias libanais, plusieurs manifestants ont été arrêtés aux abords du Parlement, après des échauffourées qui les ont opposées aux forces de l’ordre. L’annonce d’un nouveau gouvernement la semaine dernière n’a pas calmé les Libanais, qui reprochent aux dirigeants d’avoir reconduit le même personnel politique de l’ancien système rejeté.

La composante du gouvernement est, selon les protestataires, largement inspirée par des partis politiques, dont le puissant mouvement chiite le Hezbollah et le parti du Courant libre, fondé par le président de la République, Michel Aoun. Or, le mouvement de protestation inédit qui secoue le pays du Cèdre depuis le 1er octobre n’a de cesse réclamé la formation d’un cabinet de spécialistes et de compétence, loin des interférences de la classe politique traditionnelle, accusée de corruption et d’échec.

Depuis la mi-janvier, des affrontements violents ont opposé les forces de l’ordre à des manifestants qui radicalisent de plus en plus leur mouvement à cause de l’inertie des autorités qui ne montrent, selon eux, aucune volonté manifeste de répondre aux revendications de la rue.

Plus de 550 blessés ont été dénombrés ces dernières semaines, la plupart parmi les manifestants. Le Liban vit une des pires crises politiques de son histoire, alors que la situation économique connaît une dégradation qui place le pays dans une conjoncture extrêmement préoccupante.

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