L’Afrique terre d’asile des vieilles voitures

L’Afrique terre d’asile des vieilles voitures

Aujourd’hui, le marché de l’automobile est inondé par de nombreuses nouvelles gammes, des modèles de plus en plus performants et beaucoup plus attractifs. Ainsi, tous les concessionnaires s’intéressent à la vente des véhicules de nouvelles gammes, de dernière génération.

Parallèlement, les exigences actuelles dans les pays du Nord font que les anciennes voitures ne répondent tout simplement plus aux besoins du marché, car très polluantes et leur consommation trop élevée. Et aussi à cause des lois environnementales, de plus en plus nombreuses, qui interdisent la vente de ces véhicules, à moins que de gros travaux soient entrepris pour diminuer leur niveau d’émissions polluantes.

Contraint à une alternative, les détenteurs de ces anciennes voitures s’en débarrassent régulièrement en les vendant soit à une casse à un prix dérisoire, soit en les expédiant dans un pays qui n’est pas trop regardant ou dont sa législation est beaucoup plus souple. Les vieilles voitures sont à cet effet convoyées dans les pays du Sud, surtout en Afrique.

L’Afrique, le consommateur universel de tous les produits occidentaux, se voit ainsi le lieu des décharges de ces voitures polluantes et obsolètes.

Inquiétudes

Si certains pays se sont réveillés et ont adopté des limites d’âge de 25 ans pour les véhicules importés (25 seulement sur les 54), d’autres n’ont encore aucune loi sur la question. Dans d’autres encore qui disposent d’une législation, l’application de cette loi reste difficile, voire caduque.

A cela s’ajoute un pouvoir d’achat beaucoup plus bas qu’en Occident, ce qui fait qu’il y a une forte demande de voitures bon marché. De ce fait, les véhicules de ce type sont très recherchés.

N’arrivant pas à appliquer les lois, les pays africains font face à un énorme désastre dont les conséquences négatives sont au-devant de tous. Dans beaucoup de pays africains, la pollution atmosphérique augmente en flèche, avec des résultats prévisibles. Les décès causés par des maladies respiratoires, notamment chez les enfants de moins de cinq ans, sont en hausse.

Pour mettre les choses en perspective, les morts de ce type chez les enfants de cinq ans et moins s’élevaient à 15 000 en 2016 et beaucoup d’entre elles auraient pu être évitées grâce à une réglementation plus stricte de la pollution atmosphérique.

Une situation inquiétante pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, dans un récent rapport alarmant, fait état de nombreux décès prématurés liés à la pollution de l’air. Environ sept millions par an dans le monde. Selon ce rapport, la moitié de ce chiffre est imputable à des polluants extérieurs, notamment les gaz d’échappements des voitures. Sur ce total, 98% proviennent de villes de plus de 100 000 habitants, dans les pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires, et cela principalement à cause de l’obsolescence des voitures importées.

C. P.

Source : algeriepatriotique

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