L’Algérie décide de déclarer la guerre économique au Maroc

Algérie –Depuis le 24 août, l’Algérie et le Maroc sont entrés dans une tension diplomatique sans précédent, et les relations semblent ne pas prendre fin de si tôt, puisque l’Algérie compte désormais actionné ses leviers économique contre le Maroc.

L’Algérie  deuxième partenaire africain du Maroc, derrière l’Egypte , est dans une guerre économique avec son voisin marocain. En effet, Mercredi 22 septembre, le Haut conseil de sécurité (HCS) a décidé de de fermer l’espace aérien  algérien au Maroc. La mesure concerne tous les avions civils et militaires marocains, ainsi que ceux enregistrés dans ce pays. Ce cran supplémentaire dans la réaction de l’Algérie fait suite à la persistance des agissements de certains diplomates marocains, même après la rupture des relations diplomatiques. Une source de la compagnie aérienne marocaine, la Royal Air Maroc, citée par la radio tunisienne Mosaïque FM, a indiqué que 15 de ses vols hebdomadaires seront concernés et devront changer de plan de vol en survolant la Méditerranée pour contourner l’espace aérien algérien. Ces vols relient les villes marocaines à des aéroports égyptiens, tunisiens et turcs.

Des contrats douteux résiliés

La source de la RAM qualifie l’incidence de la décision algérienne  d’ « insignifiante », proportionnellement au volume global des vols de la compagnie, mais il ne s’agit que d’une étape supplémentaire des rétorsions économiques que l’Algérie a choisi de mettre en œuvre en réplique aux agissements politiques de son voisin. Et surtout, le trafic aérien mondial n’a pas encore repris son volume d’avant la pandémie de covid-19. L’évaluation de la RAM est donc à prendre avec des pincettes. La décision algérienne pourrait impacter un secteur clé de l’économie marocaine : le tourisme. En rallongeant la durée de ses vols, la RAM va consommer plus de carburants et sera obligée de répercuter le coût sur les prix de ses billets. Avant les événements de cet été, il y a eu régulièrement des campagnes « hostiles » à l’Algérie dans la presse marocaine et même parfois des « accusations fallacieuses », comme celle de la présence d’éléments du Hezbollah dans les camps des réfugiés de Tindouf, proférée en 2018 déjà. En mars dernier, une opération de déminage menée par les autorités marocaines dans le but d’empiéter davantage sur le territoire algérien, avait amené l’Algérie à reprendre les terrains de la région frontalière d’El Feguig, précédemment laissés aux paysans marocains pour des raisons humanitaires après les accords de délimitation des frontières. Fin avril, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a mis en garde certaine  entreprises nationales ayant des partenariats avec des entités marocaines, sans citer ce pays. « Ces relations, engagées sans concertation, se traduisent on peut s’en douter- par la mise à la disposition d’entités étrangères de données et d’informations sensibles qui peuvent porter atteinte aux intérêts vitaux du pays et à sa sécurité », avait écrit le chef de l’État, instruisant la résiliation « sur le champ » de ces contrats. Trois grandes entreprises, l’opérateur de téléphonie Djezzy et deux assureurs publics, la SAA et la CAAR, étaient nommément citées dans l’instruction présidentielle.

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coups durs pour le Maroc avec la fermeture des frontières terrestres

Plus récemment,  le 7 septembre, l’Algérie a mis fin de suspence concernant le sort du Gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui alimente l’Espagne et le Portugal en gaz algérien via le Maroc. Elle a décidé de ne pas renouveler le contrat qui expire le 31 octobre prochain. Un coup très dur pour le royaume qui tire chaque année du GME 700 millions de mètres cubes de gaz pour ses centrales électriques en plus d’un droit de passage de 58 millions d’euros. L’Algérie avait précédemment pris ses dispositions en créant une jonction avec le Medgaz qui relie directement les territoires algérien et espagnol sans passer par le Maroc. Le 26 août, le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab avait assuré l’ambassadeur d’Espagne de « l’engagement total de l’Algérie de couvrir l’ensemble des approvisionnements de l’Espagne en gaz naturel à travers le Medgaz ».

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