L’ancien président de la commission des droit de l’homme, Faroul Ksentini au « Courrier d’Algérie » : « La peine de mort n’est pas une solution contre le rapt d’enfants »

L’ancien président de la commission des droits de l’homme, Farouk Ksentini a reconnu, hier, lors d’un entretien accordé au «Courrier d’Algérie» que la peine de mort n’est pas une solution parfaite contre le rapt et les kidnappings d’enfants, tout en estimant, d’autre part, que le recours à la réclusion à la perpétuité des kidnappeurs d’enfants est absolument nécessaire. Notre interlocuteur tient à rappeler, par ailleurs le rôle joué par les parents dans la lutte contre ce fléau.

Le Courrier D’Algérie : Tout d’abord, on remarque que le phénomène de la disparition mystérieuse et de l’assassinat d’enfants a pris de l’ampleur, ces dernières années dans notre pays, et cela suscite des interrogations. Que pouvez-vous nous dire sur ce phénomène ?

Farouk Ksentini : Oui, le kidnapping et l’assassinat des enfants se sont multipliés ces dernières années pour des raisons qu’on n’arrive pas à cerner. À vrai dire, l’éclosion de ce phénomène ne s’explique pas d’une manière évidente…. car ça devient très inquiétant en voyant que le nombre d’enfants kidnappés ou disparus augmente en Algérie…
Et afin de lutter contre ce phénomène, certains préconisent la peine de mort contre les criminels et les tueurs d’enfants. À mon avis, la peine de mort n’est pas une solution parfaite pour punir ces kidnappeurs d’enfants.

Est-ce que, selon vous, la réclusion à perpétuité des kidnappeurs d’enfants est nécessaire pour l’éradication de ce phénomène en Algérie?
Oui, ces kidnappeurs il faut les réprimer et les condamner à la perpétuité.

Est-ce que les parents ont une part de responsabilité pour lutter contre le rapt des enfants ?
Oui, les parents ont une part de responsabilité. Ils doivent rester toujours en contact permanent avec leurs enfants, et ils ont un grand rôle à jouer dans la lutte contre ce fléau qui est également considéré comme un phénomène mondial. Il n’est pas spécifique, à l’Algérie car il existe sans doute dans toutes les sociétés.

Donc, le phénomène de disparitions mystérieuses des enfants ne date pas d’aujourd’hui et son ampleur devient, ainsi, inquiétante ….
Oui, ce phénomène devient, vraiment inquiétant. Car il existe plusieurs facteurs qui incitent ces jeunes kidnappeurs à commettre ces actes aussi affreux; et parmi ces facteurs il y a lieu de citer le chômage, le désespoir…qui touchent essentiellement les jeunes.

Quelles sont les mesures prises jusqu’à présent pour lutter contre ce fléau ?
Une panoplie de mesures a été mise en place ces dernières années pour lutter contre le kidnapping et l’assassinat des enfants, et ce à travers des campagnes de sensibilisation en direction des enfants et de leurs parents.
Des parents ont été en effet avertis et des numéros spéciaux ont été aussi mis à leur disposition en cas d’alerte. Donc plusieurs dispositifs d’alerte ont été mis en place également pour endiguer ce fléau qui est revenu, aujourd’hui, en force en Algérie.

Mis à part ce fléau qui guette nos enfants, ces derniers sont aussi menacés par le phénomène de la «Cybercriminalité», qu’en pensez-vous ?
Lutter contre ces menaces est aussi indispensable. La cybercriminalité est un mal qui attaque, aussi nos enfants. Et les campagnes de sensibilisation permanentes contre ce fléau restent aussi de bonnes initiatives.
Entretien réalisé par Mehdi Isikioune

Source : lecourrier-dalgerie

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