Le Bellicisme de l’Algerie pointé du doit…

le360.ma – L’Algérie est considérée comme l’un des pays les moins pacifiques de la planète par l’Institut pour l’économie et la paix, think-tank basé à Sydney et affilié au Rotary. Ce classement s’explique notamment par des raisons internes, mais aussi par son attitude de va-t-en guerre contre ses voisins.

Dans le Global peace index (GPI) de l’Institut pour l’économie et la paix, l’Algérie, à cause d’un bellicisme patent, se classe parmi les derniers de la classe, aussi bien en Afrique qu’au Moyen-Orient. Ainsi, elle occupe la 120e place dans le monde et la 33e en Afrique. Et même dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, connue pour être la moins pacifique de la planète, l’Algérie ne devance que des pays officiellement engagés dans des conflits internes ou internationaux.

Ainsi, sur le continent africain, à part, l’Afrique du Sud dont l’indice de la paix est durement affecté par la xénophobie héritée de l’apartheid, tous les pays moins bien placés que l’Algérie sont, eux aussi, en conflit, quand ils ne connaissent pas une instabilité liée à un régime fortement contesté comme dans le cas du Burundi et du Zimbabwe.

Ainsi, dans le premier lot, on retrouve parmi les pays les moins pacifiques au monde, ceux qui font face au terrorisme djihadiste, comme ceux du Sahel notamment le Mali, le Niger, le Tchad, mais également le Nigéria, l’Egypte et la Somalie. De même, l’Algérie peut se glorifier d’être devant les pays faisant face à une intense rébellion armée, comme l’Ethiopie, le Cameroun, le Soudan, le Sud-Soudan, la Centrafrique, la Libye.

Voilà les seuls pays qui sont classés par l’Institut pour l’économie et la paix derrière l’Algérie. Deux principales raisons expliquent cette mauvaise place qui lui est attribuée, l’une interne et l’autre externe.

Au niveau interne, l’Algérie est malheureusement secouée par des manifestations régulières liées au rejet du régime par les citoyens. Durant deux longues années de février 2019 à février 2021, le pays a été secoué par les protestations du Hirak, même si le régime a profité de la trêve liée à la pandémie de Covid-19. Et pour mettre fin aux manifestations, il a fallu instaurer un régime de terreur en réprimant sévèrement toute contestation dans la rue, et ce, en procédant à des arrestations régulières des membres les plus influents du Hirak, mais aussi et surtout en les condamnant à de lourdes peines pour des délits d’opinions.

Il suffit de s’en référer aux informations régulièrement diffusées par le Comité pour la libération des détenus. Il ne se passe pas une seule journée sans qu’une personne influente, ou pas, n’ait maille à partir avec la justice algérienne à cause de ses opinions. Pas plus tard qu’hier, mardi 30 novembre 2021, le chanteur kabyle Makhlouf Aberkane a été placé en garde à vue par la police, après avoir été arrêté deux jours plutôt par la police de Tizi Rached, dans la wilaya de Tizi Ouzou.

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Et durant l’été 2021, le régime s’était lancé dans une véritable chasse à l’homme contre les défenseurs de la cause kabyle, en arrêtant de façon arbitraire plusieurs d’entre eux. Parmi les plus emblématiques, figurent Kamira Nait Sid, la présidente du Congrès mondial amazigh, et sa sœur, Zyna Nait Sid.

Au-delà des centaines d’arrestations, le régime de terreur utilise des méthodes staliniennes pour corriger ceux qu’il considère comme des récalcitrants. Cela va jusqu’au viol, sans compter les autres formes de tortures physiques et morales. Ainsi, en avril, alors que certains bravaient les interdictions du Hirak, un mineur de 15 ans, Saïd Chetouane, a été violé par la police à Alger. Ses pleurs, alors immortalisés dans une vidéo devenue virale, avaient ému l’Algérie tout entière.

D’autres encore ont subi le même sort, comme Walid Nekkiche qui a ouvertement accusé les service secrets algériens de l’avoir violé.

Mais l’absence de pacifisme algérien ne concerne pas seulement ses propres citoyens, elle est également dirigée contre ses voisins. Le Mali est sans doute le premier à en faire les frais, puisque le régime algérien a toujours offert le gîte et le couvert aux djihadistes du Sahel. Les services secrets algériens sont considérés comme les alliés voire les mentors de grands bandits terroristes comme Iyad Ag Ghali et tant d’autres de son acabit.

Last but not least, le Maroc est lui aussi une victime directe du bellicisme de son voisin, puisque c’est Alger qui abrite et finance les séparatistes du Polisario, entretenant ainsi un conflit vieux d’une quarantaine d’années. Même au sein de l’Union africaine, dont la majorité des membres désavoue l’attitude du pays d’Afrique du Nord, Alger veut continuer à semer la zizanie entre les pays du continent, rendant la tâche assez difficile aux organes de gouvernance de l’institution.

Voilà autant de choses qui ont sans doute fait que l’Algérie est considérée comme une promotrice d’instabilité, tout en s’exposant aux risques liés à sa politique répressive en interne. D’autant que, tous les autres indicateurs utilisés pour évaluer son attachement à la paix sont au rouge.

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