Le Maroc a utilisé le fameux logiciel espion israélien Pegasus pour cibler 6000 numéros en Algérie

Algerie Part Plus – Le Projet Pegasus est une collaboration sans précédent menée par plus de 80 journalistes de 17 médias dans 10 pays et coordonnée par Forbidden Stories, une ONG basée à Paris travaillant dans le secteur des médias, avec le soutien technique d’Amnesty International, qui ont mené des analyses techniques de pointe visant à détecter des traces du logiciel espion Pegasus dans des téléphones portables. Ce projet a permis de lancer une grande enquête sur des fuites massives concernant 50 000 numéros de téléphone désignés comme cibles potentielles du logiciel espion de NSO Group révèle que ce logiciel a été utilisé pour favoriser des atteintes aux droits humains à grande échelle partout dans le monde.

Le prestigieux quotidien britannique the Guardian a révélé hier dimanche 18 juillet que les autorités marocaines ont utilisé logiciel espion israélien Pegasus pour espionner pas moins de 6000 numéros algériens. Le média britannique n’a fourni encore aucune information précise sur l’identité des titulaires de ces numéros. Mais il apparait clairement selon une infographie réalisée par The Guardian que l’Algérie faisait partie des cibles privilégiées par les brigades la cyber-surveillance des renseignements marocains. De nouvelles révélations sont ainsi attendues et il se pourrait que dans les prochains épisodes de l’enquête publiée ce dimanche 18 juillet dans plusieurs médias, dont Le Monde, The Guardian et The Washington Post, des informations précises soient communiquées sur l’identité des personnalités algériennes espionnées par le Maroc.

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Il faut savoir que le logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO Group, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire. NSO, régulièrement accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Il est à noter que le Maroc a également utilisé le même logiciel espion israélien pour espionner pas moins de 1000 numéros appartenant à diverses personnalités françaises. Des services marocains ont utilisé le logiciel d’espionnage Pegasus pour surveiller une trentaines de journalistes et personnalités des médias français, dont Edwy Plenel, le fondateur du site d’investigation Mediapart.

Selon cette vaste enquête, de multiples journalistes et patrons de médias français figurent sur la liste des cibles de Pegasus, dans les rédactions du quotidien Le Monde, du Canard enchaîné, du Figaro ou encore de l’Agence France-Presse et de France Télévisions.

“À plusieurs reprises, le consortium Forbidden Stories et le Security Lab de l’ONG Amnesty International ont pu techniquement déterminer que l’infection avec Pegasus avait été couronnée de succès”, écrit Le Monde, notamment dans le cas d’Edwy Plenel, le fondateur du site d’informations en ligne Mediapart, de Dominique Simonnot, ancienne enquêtrice du Canard enchaîné et désormais contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, mais aussi d’une journaliste du Monde”, qui a souhaité rester anonyme.

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“L’espionnage de mon téléphone et de celui de ma consœur @LenaBred mène directement aux services marocains, dans le cadre de la répression du journalisme indépendant et du mouvement social”, a réagi Edwy Plenel sur Twitter en évoquant également sa consoeur Lénaïg Bredoux. responsables des questions de genre et des violences sexuelles au sein de la rédaction de Mediapart. Le cofondateur de Mediapart estime avoir été visé parce qu’il n’a pas hésité à critiquer la répression policière au Maroc mais aussi parce que son médias est partenaire de Desk, un média marocain indépendant. Mediapart a porté plainte ce lundi auprès du Procureur de la République. “Pendant plusieurs mois, l’appareil répressif du royaume chérifien a ainsi violé l’intimité privée de deux journalistes, porté atteinte au métier d’informer et à la liberté de la presse, volé et exploité des données personnelles et professionnelles. Aucun autre téléphone d’un membre de l’équipe de Mediapart n’a été espionné”, a précisé enfin le journal français en ligne.

 

 

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