Le Maroc pourra-t-il désormais importer le gaz algérien via l’Espagne ?

Algérie –Apparemment, les répercussions de la crise diplomatique entre Alger et le royaume du Maroc commencent à se faire ressentir. En dehors de l’aspect politique, historique et sociale de la crise, le secteur économique est visiblement le plus touché cette fois-ci. Surtout avec Il s’agit l’affaire Gazoduc Maghreb-Europe que l’Algérie a refusé de renouveler le contrat.

Cette décision algérienne commence à avoir un impact négative sur Rabat. En effet, selon certains spécialistes, l’inversement du flux gazier, pour acheminer du gaz algérien exporté vers l’Espagne via le GME marocain, est loin d’être une bonne solution sur le plan juridique, mais aussi technique. Les contrats gaziers à long terme notamment ceux de SONATRACH comportent certaines clauses qui interdisent la réexportation du gazier par le client sans avoir l’accord préalable du fournisseur. Il s’agit simplement de la « clause de destination » contenue dans les contrats de SONATRACH avec ses clients, et qui impose à « ces derniers d’avoir l’accord préalable du fournisseur pour réexporter le gaz qu’il leur fournit ». Cependant, si SONATRACH accepte une telle démarche, elle bénéficierait d’un pourcentage de cette transaction. Aussi à en croire des spécialistes, l’Espagne jugerait plus judicieux de revendre le gaz algérien sur le marché SPOT que par le biais d’un gazoduc. « Techniquement, cette inversion est faisable. Mais cette opération a un cout et nécessite plusieurs modifications sur les installations. Il faudrait aussi du temps pour la réaliser. Le coût du gaz serait très cher pour le Maroc », estime l’expert énergétique Mahmah Bouziane. Ainsi, l’intervenant précise que cette démarche requiert « l’installation d’unités en Espagne pour pouvoir reconvertir le GNL en gaz naturel pour l’acheminer via le GME », sachant que le GNL est importé à des prix plus chers que le GN.

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Rabat est sûrement dans l’embarras

La question relative à l’éventuel inversement du flux gazier constitue ces derniers temps un des thèmes les plus traités par la presse marocaine qui a affirmé que Rabat compte opter pour cette alternative. Face à ce sujet, l’expert pétrolier, Mourad Preure considère qu’ «il est normal que dans une situation de crise grave qu’il a provoquée, le Maroc déploie une communication tous azimuts, pas toujours éthique, pour amoindrir le choc, rassurer sa population et soigner tant soit peu son image sérieusement affectée ». Enfin après avoir expliqué d’un point de vue technique et juridique, mais aussi économique l’inversion du flux gazier, de l’Espagne vers le Maroc, l’expert n’a pas manqué à rassurer quant à la capacité et les engagements de l’Algérie envers l’Europe, plus précisément l’Espagne. « Même durant la décennie noire, et avec les risques terroristes, les clients de l’Algérie ont été rassurés et ont investi avec elle dans le secteur des hydrocarbures », fait-il savoir, tout en affirmant que l’Algérie est un partenaire fiable dont la performance a été longtemps reconnu depuis très longtemps.

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