Le mouvement populaire se prépare à passer une étape décisive : La bataille du Ramadhan

0

L’opinion nationale a été savamment «travaillée» par les activistes, de sorte à ce que les marches du Ramadhan sont associées à une sorte de démonstration d’unité, de solidarité et de grande détermination des citoyens.

Longtemps évoqué comme un potentiel écueil pour la mobilisation populaire, le mois sacré du Ramadhan s’impose comme le principal défi posé à la Révolution du sourire. Les Algériens qui ont pris l’habitude d’investir, chaque vendredi, les rues des villes du pays, seront à partir de demain devant une autre réalité, plus compliquée au plan physique. Il ne sera pas possible de se désaltérer ou encore de se restaurer. Cette dimension humaine, ajoutée aux spécificités du mois sacré, rend problématique d’imposantes manifestations du genre que l’on voit tous les vendredis, depuis le 22 février dernier.
Mais, il faut souligner, à ce propos, que les animateurs du mouvement populaire ou tout au moins les activistes les plus déterminés ont anticipé la question et mis cette «bataille du Ramadhan» dans beaucoup de slogans. Ainsi, au même titre que les 3 B et autres revendications récurrentes, les marches du Ramadhan ont fait l’objet d’une intense communication au sein des marcheurs eux-mêmes, à chaque vendredi et au niveau des réseaux sociaux. En fait, l’opinion nationale a été savamment «travaillée» par les activistes, de sorte à ce que les marches du Ramadhan sont associées à une sorte de démonstration d’unité, de solidarité et de grande détermination des citoyens.
Beaucoup de jeunes interrogés par Ouest Tribune, ont tendance à soutenir que le mois du Ramadhan est le dernier virage avant l’avènement de la nouvelle République. «Si nous arrivons à maintenir notre mobilisation durant le mois de Ramadhan, plus personne ne pourra se mettre en travers de notre chemin», confie Amine, étudiant de son état et convaincu que «l’opération Ramadhan» se retournera contre ceux qui avait misé sur un essoufflement du mouvement. Rencontré à Alger, lors de la marche des étudiants mardi dernier, Amine voit dans la réussite des rassemblements étudiants, un excellent signal pour le reste de la population.
Le succès des manifestations du prochain vendredi ne fait quasiment aucun doute dans l’esprit de Amine et de ses camarades, mais il faut bien se dire que compte tenu, encore une fois, de la spécificité du mois sacré, les 3 autres rendez-vous «se négocieront au cas par cas», indique Kamélia, une autre étudiante, estimant que les mardis des étudiants constitueront désormais l’avant-goût de ce que sera la mobilisation des vendredis. «J’ai conscience que le mouvement étudiant est en train de devenir la locomotive de notre Révolution. Nous devons montrer la voie et amener le peuple à ne pas abdiquer, sous prétexte du jeûne», confie-t-elle, tout en soulignant l’importance de donner au mouvement un second souffle, à même «de faire fléchir tous ceux qui veulent nous voir rentrer à la maison, alors que la Révolution n’est pas encore achevée».
La détermination des étudiants renvoie à un éveil politique inattendu, mais très présent dans le mouvement populaire. Les universitaires sauront-ils convaincre les Algériens de sortir ce vendredi et les 3 suivants, histoire de réussir la parenthèse, très symbolique, du Ramadhan ? On le saura demain.

Source : ouestribune-dz

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here