Le Président limoge le ministre de la Défense

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L’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a apporté hier un soutien implicite aux décisions du président Saïed, estimant qu’il est temps que les parties responsables de la situation dégradée dans le pays assument leurs responsabilités.

Les événements se sont accélérés hier en Tunisie, où le président tunisien Kaïs Saïed a limogé en milieu d’après-midi le ministre de la Défense, au lendemain de sa décision de suspendre les activités du parlement et de limoger le Premier ministre, aggravant la crise dans laquelle la jeune démocratie est plongée depuis des mois.

Dans son communiqué, la Présidence tunisienne a annoncé le limogeage du ministre de la Défense Ibrahim Bartagi et de la porte-parole du gouvernement Hasna Ben Slimane, également ministre de la Fonction publique et ministre de la Justice par intérim. Ennahdha, principal parti au parlement, a fustigé ces mesures, dénonçant “un coup d’Etat contre la révolution et contre la Constitution.

En revanche, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a implicitement soutenu les décisions de M. Saïed estimant qu’elles étaient “conformes” à la Constitution, tout en appelant à la poursuite du processus démocratique, plus de dix ans après le soulèvement qui a mené à la chute de Ben Ali.

Ces mesures exceptionnelles prises par le président de la République conformément à l’article 80 de la Constitution” visent à “prévenir un danger imminent et à rétablir le fonctionnement normal des rouages de l’Etat, au vu de l’épidémie de Covid-19”, souligne le syndicat dans un communiqué.

“Il est temps” que les parties responsables de la situation “dégradée” dans le pays “assument leurs responsabilités” et de “mettre fin à cette ère qui a mis le feu à la Tunisie”, poursuit l’UGTT. Saluant ces manifestations “pacifiques”, l’UGTT a souligné “la nécessité d’assurer le respect de la légitimité constitutionnelle (…) dans cette étape délicate que traverse le pays”.

L’objectif est notamment de poursuivre le “processus démocratique et restaurer la stabilité du pays”, selon le communiqué. Pour le syndicat, “les mesures exceptionnelles prises par le Président doivent s’accompagner d’un ensemble de garanties constitutionnelles”. Pour sa part, le parti Tahya Tounes a affirmé dans un communiqué la nécessité de mettre en place une feuille de route pour sortir rapidement de cette crise, ont rapporté les médias tunisiens.

Dans son communiqué, Tahya Tounes a suggéré d’“établir une feuille de route claire pour la réforme de tout le système politique (régime, loi électorale et la loi sur l’organisation des partis) qui doit faire l’unanimité chez toutes les forces politiques et démocratiques et la création d’un gouvernement de salut national qui aura pour objectifs, faire face à la crise sanitaire et rassurer les partenaires étrangers de la Tunisie”, a rapporté la radio locale Mosaïque FM.

Des garanties “claires” et “un calendrier” précis ont été exigés par ce parti pour préserver le processus démocratique en Tunisie, a rapporté la même source, alors que des partisans d’Ennadha ont tenté d’organiser un rassemblement devant le siège du parlement en fin de journée, mais la police les en a empêchés, a rapporté l’agence officielle la TAP.

LYÈS MENACER/AGENCES

 

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