Le report de la présidentielle en toile de fond : Le jour d’après

0

Ce «refus apparent» reste une impression encore diffuse et ne peut constituer une réponse ferme des Algériens. Les observateurs estiment que la véritable position de la population sera donnée vendredi prochain, lors d’une mobilisation que d’aucuns estiment décisive dans la poursuite des événements.

Le deuxième mardi de mobilisation des étudiants a confirmé une détermination tout à fait vivace. Par milliers, à travers de nombreuses villes du pays, les universitaires ont, encore une fois, montré un sens élevé de conscience politique et d’engagement citoyens. Intervenues au lendemain de la décision du report de l’élection présidentielle du 18 avril prochain, ces manifestations ont servi de moyen d’expression pour une jeunesse qui, visiblement, n’est pas du tout convaincue par le plan de sortie de crise proposé par le chef de l’Etat. Les étudiants qui ont marché, hier, ont été unanimes à rejeter l’idée d’une prolongation du quatrième mandat, telle que proposée par le Président Bouteflika. Même si l’ambiance était à la fête, l’on sentait tout de même une réelle détermination de la part des manifestants. L’impression que le point de non retour a été dépassé, était visible dans les slogans «renouvelés» des marcheurs, ainsi que dans l’attitude d’appropriation de la rue. Bref, les étudiants donnaient d’eux l’image de citoyens fortement concernés par l’avenir du pays et semblaient savoir ce qu’ils voulaient. A Alger, Oran, Constantine, Annaba et ailleurs, les foules estudiantines ont clairement annoncé la couleur, à savoir qu’ils ne marcheront pas dans l’offre présidentielle d’une conférence nationale inclusive, associée à une période de transition que le chef de l’Etat a limité à une année.
Si la journée d’hier était celle des étudiants, cela n’a pas empêché d’autres corps de sortir dans la rue. Dans pas mal de villes, des médecins, des avocats et autres fonctionnaires ont brandi des slogans hostiles à la prolongation de l’actuel mandat présidentiel. Cela pour dire que l’atmosphère générale était globalement au refus de la proposition du chef de l’Etat et il semble difficile compte tenu ces réactions d’avancer plus en avant sur cette piste. D’ailleurs, si les partis de l’alliance présidentielle ont salué le report de la présidentielle comme une réponse à la demande de la rue, les partis de l’opposition y ont vu une volonté du président de la République de se maintenir au pouvoir pour plus d’une année encore. On voit, de fait, mal la réunion d’une réunion inclusive qui n’exclut aucune tendance politique présente sur la scène.
Il reste que ce «refus apparent» reste une impression encore diffuse et ne peut constituer une réponse ferme des Algériens. Les observateurs estiment que la véritable position de la population sera donnée vendredi prochain, lors d’une mobilisation que d’aucuns estiment décisive dans la poursuite des événements. En effet, le rendez-vous du 15 mars aura valeur de référendum pour ou contre le plan présenté par le président de la République. L’on s’attend à des marches encore plus impressionnantes que les précédentes. Les slogans, l’attitude des manifestants et leur détermination ne passeront certainement pas inaperçus et susciteront, à n’en pas douter, une réaction de la part de la présidence de la République.
Le prochain acte de la mobilisation populaire promet d’être « historique », de par le nombre de participants, mais également de par le sens de l’unité et du patriotisme dont ont fait montre les Algériens depuis le 22 février dernier.
Il reste que la question fondamentale que se posent les Algériens sur l’avenir de leur République demeure posée et le sens de responsabilité des manifestants et des pouvoirs publics, dans la gestion de cette étape historique de la vie de la nation, augure d’un avenir serein pour le pays.
Nadera Belkacemi 

Source : ouestribune-dz

ouestribune-dz

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here