Les activistes de l’ex-parti extrémiste infiltrent peu à peu les manifestations

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Les activistes de l’ex-parti extrémiste infiltrent peu à peu les manifestations

Par R. Mahmoudi – Les adeptes et sympathisants du FIS dissous relaient avec ferveur, depuis vendredi, des vidéos montrant des scènes de manifestations dans la capitale où un carré formé de quelques centaines de personnes scandent, pour la première fois depuis le début du mouvement du 22 février, le même slogan repris en chœur lors des funérailles d’Abassi Madani, le 27 avril dernier à Alger, et qui est, en fait, celui de ce parti extrémiste depuis les années 1990 : «A’layha nahya wa a’layha namût !» (Pour elle (l’Etat théocratique, ndlr) nous vivons, pour elle nous mourrons).

Sur ces images, on voit bien des portraits du gourou du FIS, Ali Benhadj, portés aussi pour la première fois dans une manifestation antisystème. L’hymne des salafistes ne sera interrompu qu’à la reprise brusque et forte, par des groupes de jeunes dans un autre carré, de leurs slogans fétiches contre les symboles du système. Pris de court, les bandes fanatisées du FIS n’ont eu d’autre choix que de répéter derrière les jeunes manifestants les mêmes mots d’ordre.

Cette première initiative audacieuse des résidus du parti dissous est certainement bien calculée dans le temps. Elle fait écho à la grande «marche» des fidèles de ce parti à l’enterrement d’un de ses fondateurs, Abassi Madani, marquant ainsi un retour en force sur la scène politique qu’ils tenteront de réinvestir sous une forme ou une autre. Ses anciens dirigeants, comme Abdelkader Boukhamkham et, surtout, Kamel Guemmazi, ne désespèrent pas de se remettre à la politique, après l’annulation réclamée de toutes les interdictions qui entravent leur liberté de mouvement et d’action.

Plus pernicieux encore, les meneurs actuels du FIS ont choisi de s’afficher en public à la veille du mois sacré du Ramadhan, généralement propice à l’activisme politique des salafistes. Il faut donc bien s’attendre à ce que leur présence aux futures marches populaires soit encore plus forte et plus visibles.

La récupération par les intégristes du mouvement pacifique pour le changement est amorcée.

R. M.

Source : algeriepatriotique

1 COMMENT

  1. L’irruption de l’extrémisme dans le mouvement populaire est une aubaine pour le système et ses partis politiques honnis par le peuple. Aux débuts des années 90 c’est l’extrémisme islamique qui a sauvé le système et renforcé ses assises. Aujourd’hui, ces mêmes monstres sont animés par le même réflexe, manoeuvrant tout azimut et misant sur la radicalisation du mouvement ou de son essoufflement.

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