LES MANIFESTANTS ACCUSENT L’ARMÉE Vers la désobéissance civile au Soudan

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La protestation au Soudan est allée crescendo depuis le 19 décembre 2018. Le départ d’Omar al-Bachir du pouvoir n’était qu’une victoire d’étape pour les Soudanais, qui veulent en finir avec un régime politique et militaire corrompu jusqu’à la moelle.

Les Soudanais menacent de radicaliser leur contestation, en allant vers la désobéissance civile, ultime étape dans leur mouvement, face à des militaires de l’ancien régime qui refusent de transférer le pouvoir aux civils. “Les formes de l’escalade sont (déjà) définies: poursuivre les sit-in et préparer un mouvement de désobéissance civile”, a déclaré à la presse l’un de ces responsables, Khaled Omar Youssef. Cette annonce intervient en réaction aux propositions formulées par les militaires au pouvoir et que l’opposition et la rue qualifient de moyen de retarder le processus de transition. “La réponse du Conseil militaire va dans le sens d’une prolongation des négociations et non vers une transition rapide”, a souligné dans un communiqué l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui représente les manifestants, toujours rassemblés devant le quartier général de l’armée à Khartoum, malgré le Ramadhan et des températures élevées durant la journée. “Nous appelons le Conseil militaire à conclure un accord pour transférer le pouvoir aux forces révolutionnaires”, ont ajouté les dirigeants de la contestation. Mardi, le Conseil militaire de transition a transmis des propositions à l’opposition, tout en réaffirmant qu’il ne toucherait pas à la charia (loi islamique), qui devrait rester la source de la législation au Soudan. Cela ne signifie rien d’autre que le maintien indirect du régime du président destitué, Omar al-Bachir, qui s’était allié avec les islamistes des Frères musulmans pour accéder au pouvoir et le garder durant trois décennies. Dans sa réaction, l’ALC a estimé également que les généraux avaient soulevé “des questions non pertinentes, y compris celles de la langue officielle du pays et des sources de la législation dans une répétition ennuyeuse des surenchères de l’ancien régime”. Autre point de désaccord, les civils veulent une période de transition de quatre ans alors que les militaires considèrent qu’elle peut être de deux ans seulement, selon le général Kabbachi. Mardi, l’un des chefs de l’ALC, Mohamed Naji al-Assam, a réitéré l’opposition de l’alliance à toute participation des figures de l’ancien régime à la période de transition. “Le succès de la révolution repose sur le transfert du pouvoir à une autorité civile à part entière”, a-t-il dit, a rapporté l’AFP. De son côté, l’Union africaine a mis en demeure les militaires soudanais, en leur accordant un délai de 60 jours pour transférer le pouvoir aux civils. Auparavant, ce délai était de 15 jours, puis revu à 90 jours, lors d’un mini-sommet de l’UA en Égypte fin avril dernier.
Mais les derniers développements sur la scène soudanaise ont démontré que le Conseil militaire soudanais n’a aucune intention de céder aussi facilement le pouvoir aux civils.

Lyès Menacer

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