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LES PRÉSIDENTS TEBBOUNE ET ERDOGAN ONT DÉVELOPPÉ LE MÊME POINT DE VUE LORS QU’UNE CONFÉRENCE DE PRESSE CONJOINTE : « Il est impératif d’instaurer la paix en Libye »

Le président de la République de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a entamé, hier, une visite d’amitié et de travail de deux jours en Algérie, à l’invitation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. S’exprimant, lors du forum des affaires algéro-turcs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a révélé qu’il a accepté d’accorder un terrain à la Turquie pour la construction d’une nouvelle ambassade, qui sera bâtie avec des figurines turques.

Le premier magistrat du pays a annoncé, d’autre part, la promotion du niveau des échanges commerciaux avec la Turquie à 5 milliards de dollars. Tebboune a souligné, également, que les relations avec la Turquie s’étendent à travers l’histoire et qu’il existe des perspectives de développement. Evoquant le dossier libyen, Abdelmadjid Tebboune a fait savoir que les deux parties turque et algérienne doivent œuvrer pour l’application des recommandations du congrès de Berlin, en insistant sur l’impératif d’instaurer ensemble la paix en Libye. Comme il a axé sur la nécessité de suivre de près de manière minutieuse ce qui se passe sur le terrain. De son coté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’il a été convenu avec le président de la République, Tebboune de lever les obstacles du renforcement des investissements et au partenariat collun entre la Turquie et l’Algérie.

Le Président Erdogan a indiqué que son pays souhaite développer ses relations et sa coopération avec l’Algérie au plus haut niveau. Erdogan a adressé une invitation officielle au président de la République, Abdelmadjid Rebboune, rendre visite en Turquie. De son coté, le Chef de l’Etat a répondu favorablement à cette invitation qui a pour objectif de tenir le premier Conseil en Turquie. Le président Erdogan a été accueilli, à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene, par le président Tebboune et des responsables de l’Etat, ainsi que des membres du gouvernement. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est recueilli, dimanche au sanctuaire des Martyrs à Alger, à la mémoire des chouhada de la Guerre de libération nationale.

Accompagné du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, le président Erdogan a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative, observé une minute de silence et récité la Fatiha du Saint Coran à la mémoire des martyrs de la Révolution. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est entretenu, avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Les deux parties ont eu des échanges sur les voies et moyens à même de renforcer les liens unissant les deux pays, l’élargissement des domaines de coopération bilatérale, ainsi que la concertation sur les questions internationales d’intérêt commun.  » Nos pays doivent renforcer leurs relations sur tous les plans, et pas uniquement en matière économique et culturelle.

Ce sera le rôle du Haut conseil de coopération stratégique algéro-turc qui devrait prendre forme dans le cadre d’un protocole d’accord que les deux Présidents signeront durant cette visite « , a indiqué un diplomate turc à la veille de la visite du président Erdogan à Alger. Le renforcement de la coopération économique entre l’Algérie et la Turquie, qui enregistre ces dernières années une dynamique particulière, avec la réalisation de nombreux projets de partenariat et l’accroissement du niveau des échanges, étaient au menu, d’un forum d’affaires présidé conjointement par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad et le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Les deux pays ont eu l’occasion, à la faveur de ce forum, qui s’est tenu, en marge de la visite officielle qu’effectue le président turc en Algérie, d’identifier les voies et moyens permettant de développer davantage leur coopération économique en vue de la hisser au niveau de l’excellence de leurs relations politiques et d’amitié.

Le forum a réuni des responsables d’institutions économiques, des chefs d’entreprises et des hommes d’affaires des deux pays pour donner une nouvelle impulsion au partenariat économique, notamment dans les domaines de l’industrie, du tourisme, de l’agriculture et des énergies renouvelables. En vertu de nombreux accords portant sur la concrétisation de projets dans les secteurs industriels (textile, sidérurgie…), énergétique, de transport maritime et du bâtiment, la coopération algéro-turque ne cesse de se diversifier et de se développer, faisant de la Turquie le premier investisseur étranger hors hydrocarbures en Algérie. Durant la période allant de 2003 à 2017, pas moins de 138 projets d’investissement impliquant des promoteurs turc, devant générer 33.859 postes d’emplois, ont été déclarés au niveau de l’Andi pour un montant global de 474 milliards de DA, selon un bilan du ministère de l’Industrie.

En 2017, la Turquie avait détrôné la France en se plaçant en haut du tableau des investisseurs étrangers déclarés, avec un volume financier de 169 milliards de DA, permettant la création de 12 306 emplois. Le secteur de l’industrie est en première position dans la répartition sectorielle des investissements turcs en Algérie, représentant 59% en nombre de projets, 90% en flux et 64% en termes d’emplois créés sur l’ensemble des projets inscrits au niveau de l’ANDI. Le secteur du bâtiment, des travaux publics et de l’habitat vient en deuxième position avec 46 projets, suivi par les transports et les services et enfin l’agriculture.

Actuellement, près de 1.000 entreprises turques activent en Algérie, alors que la communauté turque vivant en Algérie dépasse les 10 000 personnes, dont des cadres supérieurs, des techniciens et des travailleurs exerçant dans divers domaines d’activités. Dans les textiles et la sidérurgie, plusieurs accords de partenariat ont été conclus entre l’Algérie et la Turquie, notamment dans les domaines de la sidérurgie, de l’industrie, de l’agroalimentaire, du tourisme et de la culture. Mais, c’est surtout dans le textile et la sidérurgie que ce pays a investi considérablement en Algérie. Un projet de construction d’un complexe de textile à Relizane appartenant à la joint-venture Tayal, formée de deux filiales du Groupe public national de textile Getex, du holding Madar (ex. Snta) et de l’entreprise turque Intertay, est en cours de réalisation.

Un autre partenariat algero-turc d’envergure est l’extension, sur une superficie de 100 hectares, dédiée à la production du rond à béton dans le pôle économique de Béthioua du complexe sidérurgique d’aciérie et de laminoirs du groupe turc de droit algérien « Tosyali Iron and Steel Industry Algérie », entré en service en 2013. Dans le secteur énergétique, la compagnie nationale, Sonatrach, à travers sa filiale SPIC (Sonatrach Petrolium Investment Corp) et la compagnie turque CPEY, filiale de Ronesans, ont signé en septembre 2019 à Istanbul l’ensemble des contrats nécessaires au lancement des études d’engineering du complexe pétrochimique pour la production de propylène et de polypropylène (PDH-PP) à Ceyhan en Turquie. Selon Sonatrach, cet investissement, estimé à 1,4 milliard de dollars, repré- sente un « intérêt stratégique » pour la Turquie comme pour l’Algérie.

Lors de sa dernière visite à Alger, le 26 février 2018, le président turc avait évoqué la nécessité de signer un accord sur la protection des investissements et un accord sur le partenariat stratégique avec l’Algérie. Il avait notamment appelé les hommes d’affaires de son pays à « investir en force » en Algérie qu’il avait qualifiée d’ »île de stabilité politique et économique en Méditerranée et en Afrique ». Parallèlement aux projets d’investissements engagés par les deux parties, les échanges commerciaux algero-turcs ont également connu un essor pour s’établir à plus de 4 milliards de dollars durant les 11 premiers mois de 2019, faisant de la Turquie le 5éme partenaire commercial de l’Algérie après la Chine, la France, l’Italie et l’Espagne.

En 2018, les échanges avaient atteint 4,628 milliards de dollars, constitués de 2,318 milliards de dollars d’exportations algériennes, en hausse de plus de 26% par rapport à 2017 et 2,310 milliards de dollars d’importations auprès de la Turquie en augmentation de 14 % par rapport à la même période. En 2018, le président du conseil d’affaires algero-turc, Fuat Tosyali, avait affirmé « la volonté de son pays de consacrer la dynamique imprégnant les relations algéro-turques », plaidant pour la signature d’un accord de libre échange entre les deux pays. Plus de 200.000 Algériens avaient visité la Turquie en 2017, profitant d’une cinquantaine de vols aériens hebdomadaires relient les villes des deux pays.

 

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