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LES TAUX DE REMBOURSEMENT RESTENT EN L’ÉTAT DEPUIS 1987 : Le patient face à la cherté des actes médicaux

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Tandis que la nouvelle loi sur la santé, qui inscrit officiellement la complémentarité entre le public et le privé, est officiellement entrée en vigueur, la question des remboursements des actes médicaux (analyses sanguines, radios, consultations médicales et soins dentaires …) effectués au niveau du privé continue de hanter l’esprit des malades en Algérie. Les appels à actualiser la nomenclature qui définit les montants et les références des remboursements datant de 1987, se sont multipliés ces dernières années, mais en vain. Avec des actes médicaux de plus en plus élevés et des taux de remboursement qui sont restés obsolètes, le malade continue à encaisser la hausse continuelle des tarifs des actes médicaux bien que celui-ci contribue au financement de la santé à travers les cotisations. À titre d’exemple, une visite médicale chez un généraliste coûte en moyenne être 1000 et 1500 DA, mais les caisses de sécurité sociale ne remboursent que 50 DA pour les malades chroniques qui sont assurés à 100% et 40 DA pour les assurés à 80%. Pour les consultations chez les spécialistes, dont les tarifs sont entre 2000 et 5000 DA, le remboursement est de l’ordre de 100 DA pour les assurés à 100% et de 80 DA pour les assurés à 80%. Pour y remédier, les responsables affirment que la révision de la nomenclature n’est guère possible en ces temps de déficit budgétaire des caisses de la sécurité sociale. Ils préfèrent appeler à généraliser les mutuelles, or le taux d’adhérents aux caisses de mutualité ne dépassent pas les 6,5%. Noureddine Bouderba, expert en sécurité sociale et des questions liées au monde du travail, qualifie la situation d’«anormale», puisque la sécurité sociale «n’assure plus pleinement son rôle qui se résume à permettre aux malades de se soigner». «La raison d’être de la sécurité sociale c’est de permettre aux gens d’accéder facilement aux soins lorsqu’ils sont malades», considère-t-il, tout en précisant que «le malade en Algérie supporte une grande partie des dépenses pour se soigner et c’est ce qui est appelé par l’OMS : les dépenses catastrophiques de santé». Dans ce sillage, il explique que les dépenses de santé sont dites catastrophiques quand, pour payer les soins, les malades ou leur ménage doivent s’acquitter d’une participation financière très élevée par rapport à leur revenu qui les met devant deux choix : s’appauvrir ou renoncer aux soins. En chiffres, il a précisé que selon les recommandations de l’OMS, les dépenses catastrophiques ne doivent pas dépasser les 20%, or ce taux est estimé à 40% dans notre pays. Le désengagement de l’état du financement de la santé Dans la foulée, l’expert des questions sociales souligne qu’il y a un «désengagement de l’Etat en matière de financement du système de santé qui a été amorcé depuis les années 90, avec l’introduction de la médecine ambulante, puis durant les années 2000 des cliniques privées». Ainsi, il rappelle que «les lois relatives à la sécurité sociale ont été mises dans un contexte où l’état assurait la totalité des dépenses», or avec la privatisation graduelle, «les lois n’ont pas suivi cette mutation». Expliquant, que le contexte économique et social était différent à l’époque, puisque «l’Algérie n’avait pas de problèmes de chômage», Noureddine Bouderba considère, en conséquence, que durant cette période «il n’y avait aucun problème de ressources pour la sécurité sociale dont le plein emploi contribuait à son financement».Cependant, «aujourd’hui la politique de l’emploi a reculé et avec un taux de chômage important et une privatisation du secteur économique, accentués par les dépenses importantes sur le dos des caisses et l’évasion sociale, on se retrouve dans cette situation délicate».La situation sera plus dangereuse dans la mesure où les caisses devront prendre en charge les soins lourds pour le cancer, qui étaient toujours assurés par l’état. Autrement dit, il préconise de réduire les charges sur les caisses pour qu’elles puissent assurer les missions qui se résument à la prise en charge des malades et de garantir un revenu de substitution à ceux qui ne peuvent pas travailler. De ce fait, l’expert des questions sociales considère que la nouvelle loi sur la santé va accentuer la pression sur la Cnas. «Il y a un véritable risque de pousser la Cnas vers la faillite, parce qu’on ne fait rien pour augmenter ses ressources», soutient-il, avant de poursuivre : «On veut mettre à la charge de la Cnas des dépenses qu’elle ne pourra en aucun cas supporter, à l’exemple de la prise en charge des pathologies lourdes, oncologiques et le cancer qui sont très chers et qui étaient jusqu’à récemment pris en charge par l’état ». «On n’arrive même pas à augmenter les taux de remboursement, comment la Cnas va arriver à prendre en charge ces dépenses astronomiques ?», s’interroge Noureddine Bouderba. La cherté des actes pousse les patients à s’orienter vers les charlatans Ne pouvant plus faire face à la cherté des soins, l’expert affirme que de nombreux malades sont contraints de s’orienter vers les charlatans «qui vendent l’espoir de guérison», et ce, en l’absence totale de conscience chez le malade et de moyens pour s’orienter vers la science. Ceci étant, il faut dire que la plupart des analyses sont indisponibles au niveau des hôpitaux étatiques et si elles le sont, les rendez-vous sont lointains. Sur un autre point, il a indiqué que le dossier de la révision des taux de remboursement a été «évoqué en 2009, avant de le mettre en stand-by en raison de la hausse des dépenses de la Cnas pour les cliniques conventionnées». Dans l’ensemble, Noureddine Bouderba affirme nécessaire d’augmenter les ressources de la sécurité sociale pour pouvoir revoir la nomenclature. Ceci est possible à travers, «la création de l’emploi, la lutte contre l’évasion sociale et les sous-déclarations des salaires et à réduire les charges des caisses». à titre d’exemple, il trouve inconcevable que la CNAC débourse annuellement «40 milliards de DA au profit des entreprises privées dans le cadre de la politique d’aide à l’entrepreneuriat et d’appui à l’emploi». Pour lui, la politique d’aide à l’emploi devrait reposer sur l’argent du Trésor et non l’argent des travailleurs.
Lamia Boufassa

Source : lecourrier-dalgerie

lecourrier-dalgerie

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