LOUISA HANOUNE EN «DÉTENTION PROVISOIRE» DANS UNE PRISON CIVILE DE BLIDALa classe politique secouée

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la secrétaire générale du PT

La place qu’occupe Louisa Hanoune dans le paysage politique justifie amplement les interrogations des uns et des autres. A la tête de son parti depuis sa création, Mme Hanoune aura été l’une des voix permanentes de la scène nationale.

Convoquée par le magistrat instructeur du tribunal militaire de Blida en tant que témoin, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, s’est vu signifier une mise en détention provisoire par le même juge d’instruction. Bien que les médias nationaux aient spéculé sur les motifs de l’arrestation, il y a lieu de mettre en évidence le secret de l’instruction. A ce stade de l’enquête judiciaire, il est impossible d’avancer quoi que ce soit, à part que Louisa Hanoune bénéficie de la présomption d’innocence. Sa mise en détention provisoire ne renvoie pas automatiquement à une culpabilité, quelles que soient les charges retenues contre elles ou encore les circonstances particulières de son arrestation. Les Algériens qui en sont à s’interroger sur le fond du dossier, savent que la justice militaire fonctionne selon les mêmes codes que la justice civile, notamment pour ce qui concerne les droits des prévenus. Il est également admis qu’aucun citoyen, quel que soit son statut, n’est censé être au-dessus de la loi. Tous les Algériens sont justiciables et tous ont droit à un procès équitable, répondant aux normes des droits garanties à la défense.
Cela pour le principe. Pour les circonstances de l’arrestation de la leader trotskiste, il est évident que l’actualité récente, ses sorties médiatiques, mais aussi ses activités politiques et certains de ses contacts ont certainement alimenté le dossier confectionné par les enquêteurs. Il reste, néanmoins, qu’en l’absence d’une déclaration de son avocat, il serait aventureux d’avancer une quelconque hypothèse. En attendant, l’opinion nationale est tenue informée par deux communiqués. Le premier émanant de la direction du Parti des travailleurs qui annonce la convocation et la détention de la secrétaire générale du parti. Le communiqué du PT, ne précise pas clairement les motifs de la mise en détention préventive de Mme Hanoune, mais le suppose indirectement, puisqu’il est question, apprend-on, d’une convocation en lien avec «l’enquête ouverte contre Athmane Tartag, Mohamed Mediene et Saïd Bouteflika, poursuivis pour atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’Etat».
La seconde communication a été le fait, le même jour, du ministère de la Défense nationale. En plus de confirmer la procédure engagée contre la secrétaire générale du PT, le communiqué du MDN évoque également l’instruction ouverte par le parquet militaire contre Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Saïd Bouteflika.
Ces deux communiqués plutôt laconiques apportent, certes, la confirmation de l’arrestation de Louisa Hanoune, mais ne lèvent pas le voile sur le fond de l’affaire. Il était d’ailleurs attendu, à ce niveau de l’enquête, que l’opinion nationale ne soit pas mieux informée. Il reste que cela n’empêche pas les commentaires de fuser et une ébullition de la scène partisane de se faire jour. La place qu’occupe Louisa Hanoune dans le paysage politique justifie amplement les interrogations des uns et des autres. A la tête de son parti depuis sa création, Mme Hanoune aura été l’une des voix permanentes de la scène nationale.
Elle a accompagné par son militantisme et ses propositions, toutes les étapes qu’a connues le pays. Déjà, cadre de l’Organisation socialiste du travail, du temps de la clandestinité, elle a pris part à tous les débats et luttes des travailleurs. Incarcérée au milieu des années 80 pour son activisme militant, Louisa Hanoune n’est donc pas une «parvenue» dans le monde politique algérien. Sa longévité à la tête de son parti et dans l’institution parlementaire de la République, l’a mise dans une sorte de proximité avec le pouvoir. Elle s’en est même rapprochée à quelques occasions, allant jusqu’à exprimer un soutien franc à certaines décisions du gouvernement. Reçue à de multiples reprises par l’ancien président de la République, l’on suppose qu’elle a eu de l’influence dans la prise de quelques décisions stratégiques, à l’image de l’amendement de la loi sur les hydrocarbures de 2005. C’est peut-être l’une des rares, si ce n’est la seule personnalité politique de l’opposition à avoir eu un entretien avec le chef d’état-major. C’était en février 2014. C’est dire donc que la carrière politique de Louisa Hanoune se confond avec l’histoire du pays, ces 30 dernières années. Son arrestation ne passe pas inaperçue dans les milieux politiques, mais également auprès de l’opinion nationale.

Source : lexpressiondz.com

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