Maintien de la mobilisation jusqu’au départ du système

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Des centaines d’avocats et d’étudiants ont investi la rue, hier mardi, à Tizi-Ouzou. Itinéraires différents mais l’objectif reste le même pour les avocats et les étudiants qui se disent plus que jamais engagés pour le départ du système et l’instauration d’une nouvelle République qui respecte les droits des citoyens.

«L’étudiant s’engage, système dégage !» ont encore martelé les étudiants qui n’étaient pas aussi nombreux que lors des manifestations organisées avant le Ramadhan mais leur détermination reste intacte à faire aboutir les revendications portées par la rue depuis le 22 février. Toujours aussi joyeux et coloré, le défilé d’étudiants auxquels se sont joints quelques enseignants a emprunté l’itinéraire qui est parti du campus Hasnaoua jusqu’à la placette M’barek-Aït-Menguellet, sise à l’entrée ouest de la ville.

Les mêmes exigences ont été réitérées par les marcheurs qui réclament toujours le départ de tous les hommes des appareils politiques qui constituent l’héritage du pouvoir de Bouteflika. «Dissolution des deux Chambres du Parlement et du Conseil constitutionnel», «Pour le départ de Bedoui, et Bensalah », ont scandé les étudiants qui ont fortement brocardé le chef de l’EMG de l’ANP dont le discours et l’action sont aux antipodes des revendications du peuple, ont-ils considéré. «Gaïd Salah dégage !», ont lancé les manifestants qui ne semblent pas convaincus par les mesures politiques et judiciaires imputées au chef d’état-major qui, selon eux, est partie intégrante du clan qu’il a entrepris de déboulonner.

L’ouverture de dossiers judiciaires concernant certaines figures sécuritaires et politiques et des hommes d’affaires obéissent à une logique de règlement de compte entre clans, jugent les étudiants qui rejettent la solution politique préconisée par le maintien de l’élection présidentielle du 4 juillet. Les Robes noires réinvestissent la rue «Pour une rupture radicale avec le système», «Pour la construction d’un véritable État de droit» et pour le respect de «la souveraineté populaire», ces mots d’ordre ont été scandés par les avocats de Tizi-Ouzou qui ont décidé de réinvestir la rue, en ce mardi coïncidant avec le Ramadhan.

A l’appel de l’Ordre local des avocats, ces derniers, ont entrepris un défilé qui est parti de la cour de justice jusqu’au centre ville. Une marche ponctuée par un rassemblement devant le Tribunal, pour se disperser, ensuite, dans le calme. «Non à l’instrumentalisation de la justice !», «Non à la mascarade judiciaire !», réclament-ils sur des pancartes, dénonçant les procès et les arrestations qui n’ont pas le souci de la moralisation de la vie publique mais s’inscrivent dans une démarche de règlement de compte et de repositionnement clanique, comme le dira Me Salah Brahimi, bâtonnier de Tizi-Ouzou. «Notre action s’inscrit dans la poursuite de notre engagement dans la dynamique populaire», a souligné, à l’occasion, le président de l’Ordre qui a exprimé «le rejet de toutes atteintes aux libertés individuelles et collectives» des citoyens.

«Comme il l’a prouvé par le passé, le barreau de Tizi-Ouzou reste fidèle à ses engagements pour libérer la justice et pour libérer l’Algérie du joug de ce système qui n’a que trop duré. Les avocats qui se considèrent la voix du peuple, restent mobilisés. Nous avons la responsabilité et le devoir de prendre position en ces moments cruciaux et déterminants pour l’avenir de l’Algérie. Se taire, c’est se rendre complice de l’injustice et de l’arbitraire. Nous restons mobilisés et allons maintenir la pression jusqu’à l’instauration d’une véritable démocratie et de l’Etat de droit. Mais aussi pour libérer la justice qui est toujours instrumentalisée par les tenants du pouvoir.

S. A. M.

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