MARCHÉ DE PROXIMITÉ : Le concept perd tout son sens à Alger

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Au cinquième jour du mois de Ramadhan, le marché de proximité, qui avait l’habitude d’élire domicile près du siège de l’UGTA, à Alger, a déserté les lieux cette année. Un état de fait qui a poussé les commerçants à prendre location chez l’APC de Sidi M’hammed, où des chapiteaux ont été installés, pour la vente de produits de large consommation durant ce mois sacré. Mais les consommateurs, qui avaient l’habitude de faire leurs courses dans la cour du siège de l’UGTA, n’ont pas trouvé l’idée, de s’installer dehors, intéressante ; surtout que les grandes entreprises étaient absentes, ce qui a poussé les commerçants à abandonner leurs chapiteaux.

En faisant un tour dans la capitale, on a remarqué que le seul marché de proximité qui existe à Alger cette année, c’est celui de Remila dans la commune de Bab El Oued, qui contient environ 40 stands, mais ce qui est remarquable de ce dernier, c’est qu’il souffre de beaucoup de manque, et les prix des produits ne diffèrent pas avec les prix des magasins, car on trouve des marques de produits locaux qui ne sont pas connues par les algérois, parce que la distribution ne se fait pas à Alger. C’est des entreprises qui viennent d’autres wilayas, telles que Blida, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Constantine, Boumerdès, Biskra. En ce qui concerne les produits qui sont en vente, il s’agit de fromage en portion qui sont à 150 et à 250 DA , de prix du thon qui est entre la boîte de triplettes à partir de 220 DA jusqu’au grandes boîtes de 1 kg qui sont à 850 DA, le beurre qui est entre 35 DA et 240 DA, des sodas, ainsi que les jus qui peuvent aller jusqu’à 80 DA pour la bouteille de deux litres, les pates à partir de 55 DA pour le paquet de 1kg, il y a aussi d’autres produits tels que la semoule, la farine… etc qui ont à peu près le même prix que les magasins, la tomate en conserve qu’on trouve à 120 DA pour 800g, les flans de toutes sortes, et le café à partir de 170 DA jusqu’à 295 DA. Pour la viande blanche c’est 240 DA le kg du poulet, et l’escalope. En plus des produits alimentaires, on trouve également des produits d’hygiène, des détergents, et même un stand pour les meubles. L’organisateur du marché de proximité de Bab El Oued, qu’on a rencontré hier sur le lieu, M. Bouatou Chafik, nous a fait savoir que «ce marché qui est en collaboration avec la Direction du commerce de Bab El Oued, est ouvert depuis le premier jour du Ramadhan» en poursuivant qu’il y a des marques de produits qui marchent mieux que d’autres». M. Bouatou nous a affirmé que «pour cette année, ce marché de Remila, est le plus important marché en matière de volume et de diversité de produits» en précisant qu’«ils ont mis à disposition deux compteurs d’électricité pour alimenter tous les chapiteaux» a-t-il ajouté, en rappelant que cette foire est bien organisée et sécurisée». Pour la viande ainsi que les poissons dans ce marché, M. Bouatou nous a expliqué qu’«ils ont installé un stand pour la viande blanche d’une société de Chéraga, ainsi qu’un stand de viande rouge qui doit ouvrir aujourd’hui (lundi), et on a également contacté un marchand de poisson qui va rejoindre cette foire prochainement» en notant qu’«ils vont faire en sorte que ce marché ouvre également pendant la nuit, dans les jours qui vont suivre». Sur notre question sur l’absence des stands de fruits et légumes, l’organisateur de cette foire nous à expliqué qu’«il va y avoir un marché de proximité spécial fruits et légumes, qui va ouvrir prochainement juste à côté, sur la place Kittani Bab El Oued, c’est pour cette raison qu’on ne pouvait pas le rajouter dans notre programme» a-t-il indiqué. Pour les horaires d’ouverture et de clôture, ce marché ouvre ses portes tous les jours à partir de 9h du matin, et ferme à 18h, et cela tout au long de ce mois sacré » a-t-il conclu.
Pour rappel, Les prix des fruits et légumes et des viandes ont connu, depuis le premier jour de ce mois de Ramadhan une remarquable augmentation, et ce au niveau du marché des marchés de détails de la capitale. Beaucoup de commerçants n’ont pas respecté les prix référentiels fixés par le ministère du Commerce et entrés en vigueur dès le premier jour du Ramadhan, alors que d’autres vendeurs ignoraient même l’existence de ce dispositif. Le prix de la pomme de terre est entre 60 et 65 DA, alors que son prix référentiel variera normalement entre 45 et 50 DA, sur le marché de détail, la courgette est affichée à 170 DA le kilo alors que son prix de référence variera, aussi entre 65 et 80 DA sur le marché de détail. Aussi, le prix de la tomate n’a pas échappé à cette tendance haussière, en ce mois de Ramadhan. Elle est proposée à 150 DA Le kilo, alors que son prix référentiel est cédé au prix de détail entre 90 et 110 DA. L’oignon était aussi inabordable dans le marché , le kilogramme de l’oignon sec coûte 120 DA tandis que l’oignon vert coûte 70 DA le kg. Quant à la carotte son prix est affiché à 100 DA. Les prix des viandes ont également grimpé sur le marché, la viande bovine fraîche est affichée à 1500 DA le kg. Le même constat a été fait concernant la banane, son prix est affiché à 280 DA , alors que le prix de référence est entre 230 et 250 DA le kg au niveau du détail. Interrogés pour savoir les raisons du «non-respect » des prix de références, fixés par le ministère du Commerce , certains commerçants et vendeurs estiment que ce dispositif est loin d’être applicable du fait que les prix ont connu aussi une hausse au niveau des marchés de gros. D’autres affirment que cette mesure doit être appliquée d’une façon rigoureuse «Alors que nos marchés sont envahis par l’informel».
Lilia Sahed

Source : lecourrier-dalgerie

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