Mercuriale à la veille du Ramadhan : flambée des prix en dépit des promesses du gouvernement

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Il y a quelques jours, le ministre du Commerce Saïd Djellab rassurait les consommateurs quant à la disponibilité des produits prisés durant le mois de Ramadhan, à des prix « raisonnables ».

Abondant dans le même sens, Saïd Bekaï, directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce affirmait que près de 186 000 tonnes de viandes rouges et blanches seront disponibles sur les marchés, à des prix accessibles, tout au long du mois sacré.

À deux jours du début du Ramadhan, nous avons sillonné quelques marchés de la capitale afin de prendre le pouls de la mercuriale. Premier constat : les prix de tous les produits ont pris l’ascenseur. Les promesses du gouvernement ont eu l’effet d’un pétard mouillé. Grosse déception des consommateurs qui se préparent à la grande saignée, comme chaque année.

Très chère la chorba

Au marché Ali Mellah, les travées sont noires de monde. Munis de leurs couffins, les consommateurs arpentent les allées pour effectuer les achats en vue de la première « meida » de Ramadan, prévu lundi ou mardi.

Les prix affichés ne sont guère engageants. En quelques jours, ils ont fait un sprint vertigineux. Tous les ingrédients indispensables à la préparation de la chorba ont flambé. Tomates : 140 da, courgette 120 da, oignons : 90 da, carottes : 100 da, fric : 450 da… Le prix des autres légumes a également doublé ; laitue : 150 da, pomme de terre : 65 da, haricot vert : 300 da, poivron 160 da, chou-fleur : 120 da, navet : 120 da, fenouil : 120 da, aubergine : 120 da , concombre : 160 da… Les courgettes de Nice (une variété cultivée du côté de Ain Benian selon le marchand et destinée à la préparation de la ‘dolma’) est cédée à 250 da le kilo, dans ce marché.

Flambée des viandes blanches et rouges

La viande, produit très prisé par les algériens pendant le Ramadhan, a également connu une augmentation. Certes, elle est disponible en quantité suffisante dans tous les présentoirs, mais son prix au kilo n’est pas à la portée des petites bourses. Viande hachée : 1800 da, bifteck : 2000 da, entrecôte : 2400 da, côtelette d’agneau : 1400 da… Le poulet s’affiche à 280 da le kilo , l’escalope de poulet à 500 da et la sardine à 600 da.

Le fric n’est plus chic

Au rayon épices, condiments et fruits secs, il y a également foule. Les consommateurs se pressent pour acheter l’incontournable fric (blé concassé) :450 da le kilo, diouls (entre 80 et 100 da), raisins secs : 1400 da, pruneaux secs : 900 da, abricots secs : 1400 da, cacahuètes : 450 da, noix : 3000 da, noix du Brésil : 5000 da, cumin : 1200 da, Ras el hanout : 1000 da, poivre noir : 2000 da…

La datte prend la grosse tête

Les commerçants ont accordé leurs violons. Les prix sont les mêmes partout. Au marché Ferhat Boussaad (Ex Meissonnier), la tendance est également à la hausse. Les dattes, reines des tables algériennes pendant le mois sacré, s’affichent à plus 700 da le kilo. Le citron s’écoule à 250 da, les olives (entre 300 et 450 da), la fraise à 200 da et les oranges : 370 da. La pomme d’importation ose l’indécence avec 700 da. Des mini- pomme locales toutes rabougries sont vendues 250 da.

Même flambée des prix constatée aux marchés Tnache (Belcourt) et Réda Houhou (Alger centre). En dépit des promesses des pouvoirs publics quant à la stabilité des prix, la réalité est tout autre, sur le terrain. En l’absence de contrôle sur les marchés, les commerçants continuent à s’adonner à leur jeu préféré : la spéculation. Quant aux consommateurs, ils ont déjà commencé à se faire déplumer avant même le début Ramadhan !

TSA

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