Minurso : le Conseil de sécurité s’apprête à voter une résolution sans consensus

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Le Conseil de sécurité vote mardi pour proroger le mandat de la Minurso de six mois mais sans parvenir à un consensus sur le projet de résolution qui fait l’objet de réserves de trois pays membres.

Le texte présenté par les Etats-Unis ne fait pas l’unanimité : la Russie, l’Afrique du Sud et l’Allemagne le jugent déséquilibré du fait qu’il n’y ait pas reflété toutes les observations contenues dans le rapport du secrétaire général sur le Sahara Occidental, en particulier celles se référant aux violations du cessez-le-feu, aux droits de l’Homme et aux mesures de confiance.

Alors que les Etats-Unis ont souhaité l’adoption du texte par consensus, le vote d’aujourd’hui devrait enregistrer l’abstention de la Russie et probablement celle de l’Afrique du Sud, selon des sources proches des tractations.

La Russie estime que le principe de l’autodétermination du peuple sahraoui n’a pas été suffisamment souligné dans le projet de résolution. Cette notion est mentionnée à deux reprises dans le texte mais des membres du Conseil, dont la Russie, ont suggéré d’ajouter une troisième référence pour mettre en exergue «la solution mutuellement acceptable qui pourvoit à l’autodétermination du peuple sahraoui».

Ce n’est pas la première fois que la Russie s’abstienne de voter une résolution sur la Minurso. En octobre dernier, Moscou a contesté que le principe de l’autodétermination soit expurgé du paragraphe deux de la résolution 2440, estimant que cela revenait à affaiblir les paramètres d’une solution au conflit au Sahara Occidental.

De son côté, l’Allemagne soutient que le Maroc devrait faire un geste de bonne foi, en acceptant de mettre en œuvre les mesures de confiance sur lesquelles insistent l’émissaire Horst Kohler, en particulier celles portant sur le déminage et la reprise des visites familiales entre familles sahraouies.

Le Front Polisario a procédé, en janvier dernier, à la destruction de son dernier stock de mines antipersonnel et antichar comme mesure de confiance qui n’a pas été pour autant soulignée dans le projet de résolution.

Par ailleurs, et à l’opposé du rapport du secrétaire général, le texte ne cite pas nommément le Maroc comme étant la partie ayant commis les violations du cessez-le-feu et imposé des restrictions à la liberté de mouvement de la Minurso et de l’émissaire Horst Kohler. Le projet de résolution se contente seulement d’appeler les deux parties au conflit à éviter toute action susceptible de compromettre les négociations facilitées par l’ONU, alors que les actions déstabilisatrices du Maroc qui ont exacerbé les tensions sur le terrain devraient être condamnées par le Conseil de sécurité.

Le président sahraoui, Brahim Ghali, a souligné dans une lettre transmise au président du Conseil de sécurité qu’il était «temps de mette fin à l’intransigeance du Maroc», en condamnant l’escalade des violations du cessez-le-feu.

Le chef de l’ONU a dénoncé dans son rapport la construction par le Maroc d’un nouveau mur de sable près du territoire occupé de Mahbes qu’il a qualifié de «violation majeure» de l’accord militaire n 1.

Guterres a exigé le démantèlement de cette barrière ainsi que tous les postes militaires déployés illégalement dans les zones restreintes où les activités de renforcement des infrastructures militaires sont interdites.

Au demeurant, il semble que plusieurs membres du Conseil de sécurité adhèrent à la proposition américaine de proroger le mandat de la Minurso de six mois afin de maintenir la pression sur les parties au conflit pour poursuivre les négociations.

Le projet de résolution sur la Minurso insiste sur la nécessité de conforter Horst Kohler dans sa mission de médiation. La reconnaissance du rôle de la Minurso dans l’accompagnement du médiateur onusien vient en guise de rappel au Maroc qui continue d’entraver la liberté de mouvement de Horst Kohler.

L’émissaire onusien n’a pas pu accéder aux interlocuteurs sahraouis dans les territoires occupés, ce qui a limité, selon le secrétaire général, sa capacité d’évaluer en toute indépendance la situation dans les territoires occupés.

«J’exhorte le Maroc à lever ces contraintes et à donner à la mission libre accès à ses interlocuteurs locaux», a demandé Guterres dans son dernier rapport.

Le Conseil de sécurité reconnaît dans le projet de résolution que «le statu quo n’est pas acceptable», notant que «l’avancement des négociations est essentiel pour améliorer la qualité de vie des Sahraouis sous tous ses aspects».

Des sources proches du dossier révèlent qu’une nouvelle table ronde après celles tenues en Suisse n’est pas sur l’agenda de Horst Kohler qui préfère, pour le moment, poursuivre les consultations au niveau bilatéral.

R. I.

Source : algeriepatriotique

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